vendredi 30 septembre 2011

Je vote bush

Hier, six heures de balade dans le bush de Wairarapa, une zone forestière et montagneuse située derrière Wellington. Des bouts de route gravillonnées au milieu des moutons, pas de réseau téléphonique. Croisé deux voitures en tout et pour tout. Retour à la nature. Verts, les champs. Noires, les forêts. Emeraude, les rivières. Bleu, le ciel. Le vent pour seule conversation. Pas un bruit. La chanson du torrent qui roule ses pierres. Les cascades coulent comme des larmes sur les joues de la montagne. Pas de rugby. Cortazar à mes côtés pour les haltes magiques. Des biches, mais aussi des chasseurs de biches avec leurs mollets de campeurs, leurs têtes de cons et leurs fusils. Le côté Delivrance de l'après-midi. Le nom de l'endroit ? La gorge de Waiohine. Inoubliable.

jeudi 29 septembre 2011

Du bout des doigts

Ca y est, enfin ! Les médias kiwis se sont lancés. Depuis le temps que j'attendais ça. Ils étaient restés soft sur "l'équipe B de Lièvremont emmenée par Parra, le neuf en dix". Là, ils ont vissés les crampons de 21 coniques et font du stamping sur bleu au sol. La une "Sports" du New Zealand Herald ce matin (minuit pour vous). La grande classe. Photo particulièrement bien choisie, avec la main de Bonnaire dans la culotte du zouave et dans l'article, un rappel des "vilains" du rugby français. A leurs yeux (façon de parler) : Eric 'Il a la gueule de l'emploi' Champ, Pascal 'Jamais loin des couilles de Shelford' Ondarts, Franck ' roi de la fourchette' Tournaire, Alain 'coup de pompe dans la tête de Meads' Plantefol et Gérard 'quatre écossais assomés d'un seul coup de poing' Cholley.
Les cons, ils sont oublié Cédric Soulette, Michel Palmié, Alain Estève, Serge Simon, Armand Vaquerin, Michel Tachdjian... Z'y connaissent rien, les Kiwis, en la matière. Quitte à monter un dossier, autant être complet. Si jamais vous avez quelques noms à ajouter, n'hésitez pas. C'est pour la bonne cause...

mercredi 28 septembre 2011

Twitt against

"Allez, ça, il faut le twitter, non ?" Dimitri Yachvili n'en revient pas que le moindre détail de la vie des Bleus, la plus petite attitude, la rumeur, soient envoyés sur ce nouvel outil de communication instantanée, avec tout le bazar qui ça suscite derrière. Il chambre, le Yach. Alors je prends mon téléphone et je lui dis : "On va en faire un ensemble." Julien Pierre, à côté de nous, lâche : "Y'a de l'énervement en équipe de France !" agrippe Yach par le col et le secoue. Clic-clac. J'écris le texte avec eux : "Tensions au sein du xv de France ?" et hop, c'est parti. Une dizaine de joueurs sont autour de nous, Saint-Marc n'est pas loin, nous sommes devant l'hôtel des Bleus, à Takapuna. Day off pour les joueurs. Au fond, on aperçoit Didier Retière discuter avec mon confrère Laurent Depret, la voix de RMC, ancien pigiste de l'Equipe durant les années dingues, 1996-1997, quand nous pistions jusqu'à 3 h du mat, Blanco, Guazzini et consorts en train de créer le rugby pro en France qui allait devenir plus tard la LNR. De la tension ? Du buzz, surtout. Pour l'instant, ça fait marrer les Bleus. Saint-Marc un peu moins.

mardi 27 septembre 2011

Nature morte

Un arbre nu déposé sur la plage de Napier, comme une pensée dépouillée au soir de l'annonce de l'équipe bleue qui affrontera le Tonga. Quatre saisons pour finir ainsi devant le vide. Et je lis une cohorte d'abrutis qui me reproche d'avoir ouvert ma gueule en conf de presse. Il faudrait en plus laisser Saint-Marc lessivé en paix ? Et puis quoi encore... Morgan Parra demi d'ouverture titulaire du Quinze de France... Je rêve. J'apprécie l'homme. Le joueur aussi. Mais derrière la mêlée. Ecoutez bien : William Servat aurait été placé pilier gauche à l'entraînement. Si, si... Que Papé pourrait jouer troisième ligne aile, si besoin. C'est à ce poste qu'il évoluait à Givors. Saint-Marc a dû louper l'épisode, sinon il nous en aurait parlé. Traille qui devait évoluer arrière, centre ou ouvreur, ne va plus disputer un seul match d'ici le retour en France. Estebanez, providentiel avant de partir, fait banquette depuis. Médard, neuf sélections à l'arrière, revient en force, patron du fond de terrain. L'ailier Rougerie n'a pas convaincu au centre durant ce Mondial mais le coach, père sévère, persévère. Il y a un écho, ou c'est moi ?

lundi 26 septembre 2011

Viva Puma

En sortant de l'Eden Park, trempé et déçu (on dit transi pour les amoureux du beau jeu) d'avoir vu les Fidjiens et les Samoans jouer comme de mauvais anglais (si, si, c'est possible), il restait Argentine-Ecosse à regarder. Heureusement. Sous la pluie. Mais à la fin, avec les Argentins, les gouttes d'eau se transforment en larmes de joie. J'aime cette équipe. Son esprit. Se(s) envie(s). Chez moi flotte aussi la bandera, le drapeau ciel et blanc avec un soleil dedans. Quatre soleils, en fait, pour un seul coeur. Cet essai de danseur, crochets sur le pointe des pieds mystifiant six Ecossais, c'est de l'art. Les Pumas ont tout ce que nous n'avons pas : une âme, des personnalités et un plan de jeu. Ce soir à Wellington a sauvé mon dimanche. Avec Irlande-Australie, voilà bien deux rencontres qui nous parlent tellement de ce sport, et davantage.

dimanche 25 septembre 2011

L'Eden direct

Maintenant on sait. Qu'on n'a pas une équipe de taille pour être champions du monde. Mais fallait-il monter à l'Eden pour le voir ? On sait que Saint-Marc n'a pas le niveau requis pour entrainer sur les sommets, c'est-à-dire maîtriser ses émotions, diriger son groupe, trouver des solutions de jeu. Agression verbale en conf de presse, perdant son contrôle face à deux supporteurs kiwis à la sortie du stade, peu respecté par ses joueurs... Et si les Tonga nous mettaient à terre ? Avec une défaite de plus de sept points ? Non, on ne peut pas y croire. En attendant, les All Blacks déroulent leur rugby. Vous avez tous vu la démonstration sereine et électrique de samedi. 37-17 sans forcer. Les Kiwis préparent déjà (cf la photo prise à Napier) la fête qui suivra, dans la nuit du 23 au 24 octobre. Avec les Bleus, roi du tableau 'hémisphère nord', en faire-valoir ? Allez savoir...

vendredi 23 septembre 2011

Valises et carton ?

Ils sont prêts ! Qui ? Les Français ? Sans aucun doute. Après avoir été présenté comme une équipe B, ce XV de France est motivé comme jamais. C'est juste ce qu'il ne fallait pas faire, sont en train de se dire les Kiwis. Ironie, c'est un journaliste anglais, Peter Bills, qui a jeté l'huile sur le feu. Merci Murdoch ! Prêts, aussi, les sacs de voyage all blacks. Une valise ? Qui la prendra. Sûrement pas les coéquipiers de McCaw, pas à l'Eden Park, en tout cas. Un carton ? C'est possible. Mais qui va cartonner ? La France, peut-être. Livrer un gros match, avec un mental de fer et de feu devant les falaises de ce marbre moderne qu'est le ciment des stades. Et comme le dit Julien Bonnaire dans un lapsus merveilleux : "Et si on gagne, tant pis !" C'est tout nous, ça...

mercredi 21 septembre 2011

Cinquante deux

Si on a l'âge de son coeur, alors j'ai quatre vies. Quatre soleils pour éclairer ma lonely planète. Quatre points cardinaux. Gaby au sud, là où il fait chaud, où tout est plus simple. Le Sud, quoi... Lucile au nord, parce qu'avec elle rien ne se perd et que le nord, il ne faut jamais le perdre. Jade à l'est, là où le soleil se lève, toujours de bonne humeur, et de bonne heure, et change la nuit en lumière. Mina à l'ouest, parce qu'elle est toujours un peu à l'ouest, rêveuse, retardant aussi l'heure à laquelle il faut se coucher. Voici mes cadeaux d'anniversaire: Glenn, Robert et les quatre astres. C'était hier mais c'est demain. Une fête loin de ceux que j'aime et qui m'aiment, tous autant que vous êtes, mais une "spécial dédicace" en bout de ligne pour ma petite bande de beautés. Fatalement.

mardi 20 septembre 2011

Tigres de Napier

J'ai finalement fini par trouver les Tigres de Napier dont parlait Antoine. En allant me balader vers le bord de mer. Napier, ville Art Déco, de stuc et de pastel; ville reconstruite pour oublier le plus terrible tremblement de terre de l'histoire de ce pays; station balnéaire d'un autre siècle, surannée, craquante comme une grosse meringue. Pour recevoir le Canadiens et les Français, concerts, animations et expositions se sont multipliées. Napier est sortie de sa torpeur hivernale. Elle a invité des géants, Picamoles, Papé, Bonnaire, à venir jouer devant la mer, et je ne sais plus qui, du marionnettiste ou des immenses personnages de carton, mène la danse.

dimanche 18 septembre 2011

Ca presse...

La série est plutôt dense. Irlande-Australie samedi à Auckland, France-Canada dimanche à Napier, puis Tonga-Japon à Whangarei mercredi et Afrique du sud-Namibie jeudi. Avant Nouvelle-Zélande - France, samedi. Solide programme. Je termine régulièrement à trois heures du matin d'envoyer pour le quotidien, décalage oblige. Sans oublier de regarder ce qui passe à la télé. Comme par exemple l'explosif Samoa-Galles qui se déroule devant mes yeux à l'heure où j'écris ces lignes, en direct de Napier. Il y a beaucoup de salles de presse dans cette aventure ovale à l'autre bout du monde, c'est à dire des connections douteuses, un mauvais café et des sandwiches trop moelleux. Et parfois de beaux moments de solitude, à relire "Le loup des steppes", à marcher sur une plage, sous un voile du lumière.

samedi 17 septembre 2011

Eden à l'essai

Plusieurs statues ornent le parvis de la tribune principale de l'Eden Park d'Auckland. Au moins trois, nous y reviendrons. Celle-ci me plaît particulièrement. Un essai. Tout est dit. Essayer, tenter, oser. L'essai devenu la marque de ce jeu au fil des années. Il n'offrait, en 1870, que la possibilité de tenter une transformation, d'où son nom, essai; une siècle et demi plus tard, il offre une gamme des sensations. Treize essais inscrits par les All Blacks, hier soir, face au Japon. On en attend, des tentatives et des essais, ce soir, à Eden Park, entre l'Australie et l'Irlande, entre Quade Cooper et Brian O'Driscoll, entre la génération montante et la vieille garde. Match symbole entre deux nations unies par l'histoire, celle des bagnards irlandais envoyés peupler l'île continent. Je vais laisser ma voiture en plein centre-ville et monter, à pieds, vers l'Eden. Une heure de marche lente, pour savourer. Avant de replonger dans le Mondial. Pendant ce temps-là, les Bleus perdent Mas pour deux semaines. Trop d'efforts casse les forts.

jeudi 15 septembre 2011

Vers Whangarei

Le matin de Canada-Tonga, j'ai quitté Takapuna en compagnie de mon ami Ian Borthwick, le kiwi de L'Equipe. Trois heures de route vers Whangarei à travers le pays maori. Premier arrêt chez Sargeson, puis à Puhoi, dans un pub (photo du bas) où les bucherons se donnent rendez-vous. Le muffin à la banane y est délicieux. Il faut imaginer la Nouvelle-Zélande entièrement recouverte de forêts où trônent les Kauri, arbres millénaires imprutrescibles haut de soixante mètres. Pour en faire des mats et des quilles, la Royal Navy les débita à la chaîne, puis les compagnies de constructions, jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'une centaine dans toute la Nouvelle-Zélande. Un carnage (photo du haut). Nous avons ensuite roulé jusqu'au village des joints (je sais, elle est facile) avant de nous arrêter au-dessus de la baie de Whangarei, chargée de l'émotion des All Blacks. Tout est sur le blog, regardez bien... Trois heures durant lesquelles la Nouvelle-Zélande m'a été comptée. Jusqu'ici, le plus beau moment passé en terre kiwi. Merci Ian.

mercredi 14 septembre 2011

Synergie





Vous en avez, de la chance : web, twitt, radio, print, tv... Vous suivez votre Coupe du monde dans un fauteil. En plus de ce que partagez sur la Comme Fou. Et au cas où vous n'en auriez pas assez, des chroniques sur L'Equipe.fr. C'est la première Coupe du monde multimedia. Vous en pensez quoi ? Trop ? Pas assez ? Autrement ? Votre avis m'intéresse...

mardi 13 septembre 2011

Plage de repos





C'est une station balnéaire en hiver, Takapuna, et quelques chiens promènent leurs maîtres sur la plage à marée basse ; la mer est parfois turquoise, et soudain d'un marron gris de remugle ; du ciel déboulent quatre saisons, mais dix fois par jour ; dans les palmiers des chants d'oiseaux. A contre-jour trois buildings. Celui qui abrite l'équipe de France est à gauche, avec piscine semi-couverte sur le toit. Mon motel est au bout à droite, derrière une jetée. Hier, c'était day off. J'ai avalé "Orages ordinaires", de William Boyd, solide polar bourré de trouvailles, où il est question de refaire sa vie à partie de rien, de zéro, du vide. En ne comptant que sur soi, puis sur les autres, et tous les autres. De la fibre dans ses pages, qui tissent les liens. Alors j'ai pensé à la Comme Fou, nos aphorismes tchic-tchac en toile de fond.

dimanche 11 septembre 2011

Battu par Nippon







Parce que c'est ça, aussi, le rugby, la Coupe du monde et le pays du Long Nuage Blanc, aka New Zealand. En fait, le jeu est déguisé. Il vibre dans les travées. Ici à North Harbour, un stade entre les collines pas loin d'un centre commercial genre Velizy (pour ceux qui habitent dans l'ouest parisien). On gare sa voiture devant un magasin d'accessoires de golf et on descend doucement la pente en marchant sur les pelouses spongieuses des haricots géants jusqu'à l'entrée, porte H. Comme des poteaux. Ca ne s'invente pas, ça... Au fait, le Japon a été battu, 47-21, mais la France ne l'a pas emporté. Elle a juste ramené un mal de crâne. Pas de charnière, pas de capitaine, pas de jeu. Pas d'entraîneur(s), aussi, sans doute. Et ce soir, annonce de l'équipe pour affronter le Canada. Espérons que ce ne sera pas un Napier dans la tombe...

samedi 10 septembre 2011

Il vaut quoi, Tonga ?





C'est vrai, ça. On se faisait une montage des Aigles de la mer. On allait voir ce qu'on allait voir : jouer notre avenir sur un match, le dernier, à Wellington, contre les Tonga. Des découpeurs de têtes, des obus vivants conçus pour nous casser les côtelettes. Et bien, franchement, si on doit avoir la trouille de passer à la trappe à cause de ces gonzes, c'est qu'on à rien à faire en Nouvelle-Zélande. Pas de défense (où alors niveau fédérale 3), aucune organisation tactique (même le début d'un plan de jeu), pas de plaquage meurtrier, zéro combinaison derrière et autour de la mêlée.
Ah, si, ils ont un truc. Deux, même. Une mêlée et des pick-ang-go au coeur. Même leur haka ne fait pas peur. Bref, les Tonga ont livré la plus faible opposition de l'histoire des matches d'ouverture. Ou alors, il faut remonter à l'Italie en 1987. Certains d'entre vous n'étaient pas nés. Le seul vrai test que les Français vont disputer pour s'étalonner, ce sera contre les All Blacks, le 24 septembre. D'ici là, cool, les ami(e)s, cool...

vendredi 9 septembre 2011

Coupe à coeur



Ca y est, enfin ! C'est parti ! Petite souris était dans le stade d'Auckland, la veille du premier match. Cliché saisi au passage. Clic-clac kodak. Répétition de la cérémonie d'ouverture. Géant, le trophée Webb-Ellis. Il s'ouvre comme une fleur au milieu de l'Eden tandis que dans les travées des tribus maori repètent leurs chants de bienvenue. Cadeau pour la Comme Fou. Comme si vous y étiez. Accrédités. Avec votre passe, quoi...

jeudi 8 septembre 2011

Hall of Fame




Le QG des All Blacks ne peut pas être plus central. Downtown Auckland. Un genre de Galaries Lafayette transformé en hôtel de luxe. Enfin, de luxe, façon de parler. A la néo-zélandaise, le luxe, c'est à dire pas clinquant. Les All Blacks vivent au milieu des clients. Et signent des autographes sans rechigner. Par exemple ici Dan Carter, le Messi (Messie ?) du pays. De là où ils se trouvent, ils peuvent presque se rendre à l'Eden Park en marchant. A la façon des Gallois sortant de l'Angel Hotel. Juste une côte à grimper. La cote, justement, les AB ne l'ont pas trop. Ca critique ferme dans les médias. Graham Henry ne fait pas l'unanimité. Ca tousse pour l'ouverture. Oui, je sais, elle est facile...

mercredi 7 septembre 2011

Art, terre, prince et pal



J'aime sens lame lac à ni haine. Vois scie, part Aix ample, la rut prince et pal deux Takapuna. Hune visse ion limite, hé ! Deux cois mou rire dans nuit. D'ail heure, paire sonne noeud trou voeu qu'aile queue chaud oeuf affaire, joue raie nu, hi ! Sait mord. Halle or j'ai cri. Mat Chine Azerty. Comme hune hic est. Et changer.

mardi 6 septembre 2011

Takapuna beach





Tous les lundi c'est rugby. Sur la plage de Takapuna. Entre presse écrite et presse télévisée. En gros, Midi-Olympique-L'Equipe vs. TF1-Canal +. Et quand on évoque L'Equipe, disons que nous ne sommes pas nombreux, la plupart de mes collègues présents préfèrant le footing à une partie de rugby à toucher. A marée basse, nous étions néanmoins 14, hier, en fin de journée. D'un côté Gou, Zanardi, Letort, Templier, de l'autre Fleys, Jean-Pierre Elissalde et un beau plateau de techniciens télé. Victoire de la presse écrite sur le reste du monde audiovisuel. Le rugby, disait, Jean-Rives Rives, permet aux adultes de rester des enfants. Confirmation.

lundi 5 septembre 2011

Du mont Eden



















Est-ce vraiment une idée du paradis ? Ou la réalité mise à portée ? Une île ovale loin des fracas du monde, des guerres et des crashs de tous ordres, qui ne s'aborde qu'au terme d'une circumnavigation intérieure. Il me fallait donc attendre le jour-lumière, et grimper au sommet du volcan éteint vert pelouse qui domine la ville pour m'apercevoir - encore une fois - du bonheur de vivre pour une passion, ses rebonds, ses relances et ses essais qui se lisent comme des romans d'aventure. Une journée sur le mont Eden. A ses pieds, downtown. Au loin, tout là-bas, regardez bien, l'hôtel des Bleus. Sur fond pâle. Pointe noire à l'horizon. Spencer on Byron. Sur la photo du haut (mais à main droite puisque vous êtes à mes côtés) le cratère d'Eden, et au loin Rangitoto, l'île-volcan. Auckland ou les éruptions éteintes qui nous étreignent.

dimanche 4 septembre 2011

Men in black




Conférence de presse des All Blacks. Enfin, pas tous. Juste Dan Carter, Ali Williams et Mils Muliaina. Quinze journalistes seulement dans la salle. Dont trois Japonais et six Français. Une toute petite salle, d'ailleurs. En plein coeur de l'hôtel. Juste à côté, les clients avalent leur petit-déjeuner. Croisé Brad Thorn dans un couloir. Lui, c'est Terminator ! Curiosité : avant chaque repas, les All Blacks se pèsent. Et après aussi. Ils notent leur prise de poids sur un ordinateur. Du coup, pas question de se gaver de fromage et de saucisses. A les entendre, tous les trois, on sent que la défaite contre l'Australie à Brisbane a cassé quelque chose. Ils ne sont plus sur leur petit nuage. Réflexion de mon collègue et ami Ian Borthwick, le kiwi de L'Equipe : "C'est ce qui pouvait leur arriver de mieux..." Mince alors.

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samedi 3 septembre 2011

Vue bleue







Que du bleu. Je ne vois que du bleu. La mer, ou plutôt la baie. Le ciel. La piscine. Et l'équipe de France. Lorsqu'elle s'entraîne. Ou déboule en conférence de presse. Tout est bleu, donc. Même le café du matin, au petit déj', commence à bleuir. Me semble-t-il. J'oubliais : ma voiture est bleue, elle aussi. Et en ce qui concerne la composition du quinze qui va affronter le Japon, je n'y vois pour l'instant que du bleu. Mas, Nallet, Dusautoir, Trinh-Duc, Rougerie. Ceux-là sont certains d'en être. Mais ça fait peu. Avec la blessure de Palisson, estimons que Médard et Clerc vont être alignés. Sept. Sur quinze. Nous n'avons donc qu'une demi-certitude. En attendant, les ateliers se multiplient sur le terrain, chaque matin. L'après-midi, aussi. Mais c'est huis-clos. C'est donc le seul moment où je peux fermer les yeux. Bleus.

vendredi 2 septembre 2011

Vert de contacts









Habituellement, un réveil musculaire n'attire pas grand monde. Nous sommes sur le terrain du club de Takapuna. 9 heures du matin. Deuxième entraînement du quinze de France. Pas trop réveillés, les gonzes. Petites foulées engourdies. Ateliers ludiques. Brouillard, pluie et soleil successivement. Quelques séquences interessantes : balayage du terrain, pour finir par un renversement, attaquants placés en profondeur. Mais toujours un temps de retard sur les déblayages au sol. Charnière Parra-TrinhDuc bien huilée. Harinordoquy touché au genou gauche. Suis allé ensuite déjeuner avec Jean-Pierre Elissalde à Devonport, jetée située face au centre-ville d'Auckland. Petites confidences entre Rochelais. Instructif. Où il fut longuement question du prochain France-Japon. Vous mesurez la chance que vous avez, de la Comme Fou, d'avoir ainsi tous les jours quelques photos exclusives ?

jeudi 1 septembre 2011

Premières




Entraînement. Enfin. Le premier. Sur un billard (non, Servat n'est pas de nouveau opéré ; oui, son genou va bien. Du moins pour ce qu'on en sait). Soft, l'entraînement. La France travaille son décalage. Pour l'instant, il n'est qu'horaire, le décalage. On peut pas tout faire d'un coup. Retière, en revanche, a pris du poids. Pas dans le staff, non : sur le ventre. Et puis ensuite première conférence de presse. Pas de sonorisation. Placée dans le hall de l'hôtel, la conf'. "Plus le rugby devient pro plus l'équipe de France fait amateur." Des questions générales et des réponses inaudibles. Comme ça au moins ça reste ton sur ton.