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samedi 10 décembre 2016

Moment année ment

Chacun d'entre nous se pose la question de l'intérêt de son passage sur Terre, d'autant qu'elle se délite de jour en jour à mesure que nous jouons à la détruire sans nous soucier le moins du monde de ceux qui vont l'habiter après nous, de ce qui va surgir après nous. Chacun voudrait savoir ce qui va rester de son existence, modeste voire insignifiante, de cet être qui gesticule, opine et se gargarise sans savoir ni prévoir.

Qu'est-ce qu'exister, en somme ? Que signifie ce magnifique et terrible verbe : vivre ? Quelle est l'amplitude de cette flamme que nous animons ? D'où vient et où va l'essence de sa chaleur ? Et les questions de manquent pas dès lors que nous avons conscience de n'être rien qu'un petit grain de sable sur une berge devant laquelle passe un grand courant, des marées majuscules, et se multiplient les vagues. Que renouvelons-nous ? Que révélons-nous ?

A ces interrogations, légitimes, souvent fondues dans notre esprit au moment où la nuit enveloppe nos songes éveillés mais pas trop, la sagesse répond. Elle répond aux ami(e)s qui n'hésitent pas à s'approcher d'elle. Et s'ils sont nombreux, les philosophes, à s'être penchés sur cette question existentielle, j'avais envie de vous faire partager la réponse d'Arthur. Schopenhauer. Le pas marrant. Juste un peu plus que Kant, cela dit. Ce qui ne fait quand même pas beaucoup de rires.
 
"Celui qui, grâce à la puissance de ses souvenirs et de son imagination, est en état de se représenter le plus vivement le long passé de sa propre vie sera plus clairement conscient que les autres de l'identité du temps présent en tout temps." Par le moyen de la vocation philosophique, indique Schopenhauer, "on conçoit ce qui est le plus fugitif - le "maintenant" -, comme la seule chose durable. (...) Le présent a sa source en nous, et découle par conséquent du dedans et non du dehors."
 
Extrait du remarquable memento mori intitulé "Sur la doctrine de l'indestructibilité de notre être réel par la mort" qu'il est facile et décisif de se procurer dans la remarquable collection Mille et une nuits, n° 451. Après un mois d'ovale en novembre et d'élections en décembre, temps difficiles à savourer, secousses telluriques qui annoncent un glissement de terrain, se replonger dans le "Néant de la vie" est incontestablement vivifiant. La vraie notoriété car profondément assurée est toujours tardive.

dimanche 22 novembre 2015

Sage folie

Voici venu un nouveau, voici lancé un défi d'esprit, voici l'espace offert à notre imagination. Folle sagesse. Le blog. De quoi lancer des éclairs et poser des douceurs ; par ces temps assombris de violence ennemie, il est vital d'entrer en poésie. Folle sagesse.

Avec Christophe, nous défrichons les pensées mot à mot, par petites goulées. Ou bien à grandes rasades, selon. En sortira, vous le savez déjà, un dico honoré et champion. Comme pour Benoit, comme pour Seb, qui arpentent eux aussi l'art et la manière, la partition et le grand écran blanc.

Folle sagesse : le nom du nouveau blog venu chez Comme Fou. Espace infini pour s'ouvrir à ce qu'il y a de plus beau et que nous portons sans avoir le temps ni l'endroit pour le concevoir et le proposer, l'échanger et le recevoir en partage. Maintenant, c'est fait. C'est Folle sagesse.

Un prolongement de notre folie d'ici, à Comme Fou, folie de paillards et de joueurs, de premières lignes et d'auteurs, d'ami(e)s et de soutien. Un pack, ruck construit autour du porteur, mêlée de sens et d'essence ovale. Mais pas que.

Alors bienvenu à toi, Folle sagesse, ami Christophe. Bienvenu dans l'équipée belle. Tu nous offres la possibilité d'enrichir notre palette d'émotions et de prolonger ensemble d'autres sensations. Chez toi. Nous allons te rejoindre. J'ai déjà commencé à le faire. Salutaire.

lundi 6 mai 2013

Uni vert

New York, un univers en soi. Incroyablement vert si l'on considère le béton tendu vers le ciel, les canyons d'avenues, le flux incessant des sons les plus divers qui ne s'arrêtent jamais d'enfler, même au milieu de la nuit.
D'ailleurs il ne fait jamais nuit à New York, le pavé est toujours luisant.
J'en reviens.
Et donc du vert, disais-je. Beaucoup. Vu d'en haut comme vu d'en bas.
Ici, Central Park, véritable forêt au coeur de la mégapole. Mais aussi Bryant Park, oasis au pied de l'Empire State Building.
Tenez, au fait, savez vous qu'il est dangereux de se baigner, de pêcher, de naviguer, sur les eaux en apparence calmes de Central Park.
Voulez-vous savoir pourquoi ?

vendredi 11 février 2011

Viva l'Aviva


On dirait du Fugain sur la route du Nord. Vive la vie, va ! Un stade de verre en forme de vague, vert. Vers lequel se tourne les regards. Le quinze de France y joue du gros. Y joue gros. Confirmer son succès écossais aux petits points. Surfer la houle, séduire la foule. Souder les âmes et les hommes dans la perspective d'un "Crunch" à Twicks, dans quinze jours. 25-22. Ouf ! Nous suivons ça ici de l'intérieur, comme si vous y étiez, comptez sur moi... Franchement, trois essais encaissés, je ne suis pas furieusement optimiste pour la suite... Et vous ?

mardi 25 janvier 2011

J'aime Joyce


A dix-huit ans - restons en littérature encore un peu en ce mois de janvier bombardé, cataclysmique et tunisien -, elle rencontre Jerome D. Salinger, correspond et s'engage à ses côtés pour cultiver les carottes et les salsifis. Ecrire si peu, aussi. Et se voir répudiée après avoir vécu avec le maître mystérieux et mythique de la littérature américaine contemporaine, le reclus du New Hampshire. Cela donne un ouvrage introspectif publié par mon ami Philippe Rey, qui m'avait fait l'honneur d'éditer "Jour de gloire", il y a de cela deux ans années. Quand on se prénomme Joyce comment ne pas se faire un sang d'encre. Ses parents auraient pu choisir Céline, aussi, (On y revient toujours, hein ?), Salih, Béti, Juliet ou Laurence. Bref, c'est à conseiller pour qui aime Salinger, ses silences, ses cachettes, ses cultures maraîchères et sa misanthropie. La brunette n'avait pas le coeur froid. Et son repentir, roman de construction intime, confirme bien qu'elle n'avait rien d'une femme d'intérieur.
"Et devant moi, le monde",
de Joyce Maynard. Ed. Philippe Rey.

vendredi 7 novembre 2008

Une chute sur Parme

Veilleuse sur page grise, babil passagers et ronflement aéronautique. Reins cassés, cul carré, épaules tombées et les coudes gênants. Je suis transporté comme une vilaine phrase de point en point. 20 h 50 jeudi entre Paris-Orly et Biarritz-Parme. 10 000 m d'altitude croisière. Sur le siège qui me sépare de l'inconnu sur ma droite, je dépose une enveloppe siglée L'Equipe remplie de feuillets à lire. Trois minutes de discussion plus tard - "Vous travaillez à L'Equipe ? Comment vous appelez-vous ?" - le 5F me précise qu'il connait une des infirmières qui assistaient la chirurgien chargé de l'opération qui devait me rendre la vie, il y a de cela vingt-deux ans... Deux secondes trop tard, il se rend compte qu'il a franchi la barrière d'intimité qui sépare normalement deux inconnus. Que dire qu'il ne sache déjà ? Notre conversation s'arrête là, lui gêné, moi inquiet, et je cherche une chute à mesure que l'avion descend sur Parme.