jeudi 18 janvier 2018

Bon an, mal an

Nous pourrions nous souhaiter l'année bonne à partir du 25 mars, selon la coutume de certaines cités d'Occident. Mais tout a changé en 1563 sous la plume de Charles IX. Pourquoi donc le 1er janvier ? Parce qu'il semblerait qu'à cette date-là, Jésus ait été circoncis. Il se pourrait aussi que tout cela soit un hommage à Jules César qui n'aimait pas débuter l'année civile le 1er mars, comme il était de tradition chez les Romains quarante-six ans avant la crucifixion. Puis le pape Grégoire XIII s'en mêla.

Si l'on suit le calendrier hébraïque, nous sommes en 5778. Si vous préférez le calendrier maçonnique, nous sommes en 6018. Pour les Musulmans, nous sommes entrés en 1439. Le calendrier révolutionnaire, lui, nous place en 226. Tout cela à partir de la naissance du Christ. Erreur de tous les côtés puisqu'il est né, dixit Denys le Petit qui avait bossé sur le sujet, trois ans avant l'an 1... Nous sommes donc en 2021. Cherchez l'erreur.

Foin de conventions, souhaitons nous le meilleur et le plus fin, le bon et d'amitié la faim chaque jour reliés que nous sommes en pensées quelle que soit la date et la page du calendrier, restons connectés dès les premières lignes, prêts et engagés. J'ai comme l'impression que pour certains d'entre nous les mois à venir seront déterminants, cruciaux, vitaux. Le changement serait maintenant, alors restons vigilants. Haut les cœurs, haut les coupes.

jeudi 14 décembre 2017

Sans retenue

Au chaud chez Henri pour ce quarante-et-unième Crazy Ruck. Unis comme les doigts d'une main. Léon, Christophe, Vincent, Séb et Ritchie comme un cinq de l'Avent. Pour évoquer la rencontre mythique entre notre Séb et son héros, Wong Kar Waï, décoré du Nobel grand écran à Lyon, prix Lumière. Les yeux dans les yeux. Et la petite larme de Bébel découvrant le carnet de notes de notre monsieur cinéma. Séquence émotion. L'annonce aussi de la création d'un web magazine - Désolé, j'ai ciné - consacré au septième art dans lequel opère Sébastien.

De sa voix douce, notre sage Christophe, neuf édoniste, nous annonçait la transformation réussie de Flair Play en Intercalé et une sélection de surprises pour le prochain numéro, désormais lancé au rythme trimestriel. Sans oublier la venue de quelques hors séries. A suivre, donc. Vincent, lui, bronzé comme un vacancier et bientôt papa, revenait sacré de Reims mais sans champagne, si ce n'est son regard pétillant en racontant ce qu'il avait vécu au pays de Raymond Kopa et des petites bulles d'or.

Quant à Léon, il captivait les foules studieuses en professeur décapant avec une tirade de Pierre Desproges destinée à ses élèves journalistes, ce qui prouve bien qu'on peut rire de tout mais pas avec tout le monde au sein d'une société, la nôtre, malheureusement de plus en plus puritaine. Notre Hemingway national a laissé tomber les cigares, dommage, mais pas les anecdotes, slalomant dans son style descendeur géant de Julien Gracq à Milan Kundera en passant par Maria Selva.

Il fut question de la rupture intime qui sépare littérature et philosophie, des chemins de vie et de l'œuvre d'art, de l'être et de ses choix, de Vitoux, Céline, Hallyday, Wagner, Depardieu, Heidegger, Dewaere, Alain, Mazeline, Voltaire, Finkielkraut, Bourdieu, Bardot, Socrate, d'Ormesson, Pivot... Mais aussi de Thomas (Teddy pas Dylan), puis de Michel (Crauste, pas Leeb) et de François (Moncla, pas Mitterrand) pour évoquer un peu de rugby - mais si peu -, les attitudes de l'un nous tirant vers la vacuité des modernes et les propos des deux autres nous amenant dans la profondeur des anciens.

Puis Séb, dont on ne soulignera jamais assez la générosité, gratifia ses amis d'une guirlande de cadeaux déballés avant l'heure, DVD offerts aux plus désireux. Quai des orfèvres et Un flic pour Vincent, qu'on sait maintenant fan de Delon. Séduite et abandonnée et Le Doulos pour Léon qui s'y connait en femmes de caractère. Live and die in LA et Léon Morin, prêtre aux ordres de Christophe. Le Corbeau, Pendez-les haut et court et Le salaire de la peur, qui vont si bien à Ritchie.

Purs moments de bonheur partagé riche d'avis contraires mais jamais opposés, fusion naturelle des amitiés privilégiées que cet instant étiré pendant plus de trois heures, rue Princesse. La balle ovale n'a connu que peu de rebonds cette fois-ci, sans doute parce qu'il n'y en a plus grand chose à en tirer pour élever notre pensée. Ou alors n'avons-nous parlé que de ça, mais en creux. Il fallait se quitter comme est sifflée la fin d'un match: sans regrets puisque nous avons tout donné. Vivement mars prochain, une fois le Tournoi achevé.