mercredi 11 juin 2014

A l'ouvrage

Pour ce vingt-septième Crazy Ruck bien humecté et toujours rue Princesse au Bistrot d'Henri (manquaient sur ce coup l'Antoine et Vépél excusés pour raisons professionnelles. Je confirme : y'en a qui bossent...), Le Tigre, Motoraide, Juanito, Seb, Ritchie, Benoit, Léon et Fred posaient pour la photo d'équipe - un vrai pack au balcon - à l'issue d'une longue partie (trois heures de jeu de mots, et double prolongation au Calva)de très haute tenue où il fut finalement très peu question de rugby. Il faut dire que le doublé de Toulon, prévisible et préparé, ne nous a pas ému outre mesure et il n'y avait rien à tirer de particulier du fiasco des Bleus, sinon à attendre, au minimum, une réaction, samedi prochain, à Sydney... En revanche, à table, beaucoup de litres et pas de ratures. Thème ou t'aimes pas, mais chacun (ou presque, n'est-ce pas Le Tigre ?) avait donc apporté comme prévu un livre à offrir aux amis, mais au final - c'est ça la Comme Fou - nous en avions seize à dispatcher. Le jardin du Bossu (Franz Bartelt) et les Désarçonnés (Pascal Quignard) ont sérieusement cartonné. Grands moments d'amitié et de passion aux moments de présenter tour à tour son ouvrage, de faire entendre sa voix, d'échanger impressions et attentes, de voter, de mettre une option, de la retirer... A l'unanimité des présents a été décerné le prix du folio le plus surprenant, voire décalé (normal, le prétexte était ovale) au polar fleuve noir de F.H. Ribes, "Touche longue pour Lecomte" récupéré par Benoit et offert par Fred, sur un pas. Une pluie d'ouvrages, donc, dans un Paris noyé et nous bien servis : normal, les copains d'abord !

lundi 9 juin 2014

Tête de pont

Ca aurait pu commencer par une diatribe, Jean-Marie pas la Peine invitant à une nouvelle fournée pour cuire ses détracteurs. Il appelle ça "une pensée". C'est inacceptable. Pascal, Aristote, Erasme, Thomas d'Aquin, Kant, Nietzsche pensent. Sans doute aussi Onfray, Levy et même un peu parfois Finkielcrotte, quand il n'écrit pas de livre. Mais certainement pas le fureur du F Haine. Tout au plus est-ce une déjection.
Non, ce dont je voulais vous entretenir, c'est du sens de l'amour, de ce sentiment symbolisé par une flêche, celle de Cupidon. Vous en avez laissé sur les arbres, traversant un coeur sur lequel étaient gravés les initiales de vos deux prénoms. Aujourd'hui, signe des temps à creuser (le signe, hein, pas les temps), l'amour se (re)marque au cadenas, un objet que l'on ferme et dont on jette la clé en Seine. Un cadenas, quoi de plus laid pour parler d'amour. Et pourquoi pas une ceinture de chasteté, aussi, tant qu'ils y vont, les amoureux d'aujourd'hui. L'amour, c'est la liberté partagée, le regard tourné vers le même horizon, les pas qui battent l'amble, nous dirait Aragon. C'est dormir dans le même lit et y faire le même rêve. C'est une construction qui relie les berges. Du coup, sous le poids des cadenas, le pont s'est écroulé. A méditer.