vendredi 2 juin 2017

Retour sur terre

Les promesses ne valent que pour ceux qui y croient. Personnellement, je n'attendais rien, alors me voilà servi tous les jours. Et ce "rien" est amplifié encore et encore sans discernement. Il faut ainsi remplir le vide, triste constat; faire état d'une rature et l'élever pour les crédules au rang de métaphore. Alimenter le Moloch en chaire fraîche du haut de laquelle pérorent des hâbleurs sûrs de leur fait. J'ai débranché.


Le monde de l'édition, comme beaucoup d'autres univers créatifs, est moribond. Dans ce contexte, les éditions Calmann-Lévy ont décidé de ne pas prolonger la collection "Un Siècle de" dans laquelle le rugby est inscrit depuis maintenant vingt ans, dix-sept réactualisations à la clé, deux mille ventes annuelles au minimum. Pas si mal. Mais pas assez, il faut croire. Pensez-vous que quelqu'un m'aurait prévenu ? Un coup de téléphone, un mail, une lettre ? Non, rien. J'ai appris ça par la bande. Pourquoi ne suis-je pas choqué ?


Alors je m'allonge sur l'herbe et, ventre contre terre, regarde pousser un à un les brins. Je vous assure : il faut prendre du temps pour soi. Un peu chaque jour. Un peu plus chaque jour. J'ai essayé et j'en arrive à une première petite conclusion évidemment temporaire : je ne suis pas persuadé que l'on ai grand chose à se dire quand on se parle à soi-même. Mais ça repose.

Mettons-nous un moment à la place de celui qui serait parti en soucoupe volante tourner autour des astres et rentrerait chez lui après avoir perdu un long moment, disons six mois, toute notion du temps tel qu'il le connaissait (mais aurait découvert l'espace qu'il ne connaissait pas). Il poserait un de ses pieds, puis l'autre (c'est interchangeable) quelque part sur Terre aujourd'hui. Tout aurait changé autour de lui ? Rien n'aurait changé.

Différent mais comme avant. Voilà ce qui nous attend chaque fois que l'on pense avancer. Nouvelle ère, lit-on. Mais ce sont les mêmes concepts présentés avec de nouvelles phrases, cette terminologie rajeunie qui nous déconnecte parfois. A changer la forme on pense modifier le fond. Rien n'est plus faux. Allez-y, faites le tri sélectif. D'un côté ce que vous espériez et, en face, ce que vous supportez.

Il est grand temps de s'allonger, de s'assoir, de se promener, de s'envoler. Tout est bon à condition de se séparer des pesanteurs bavardes et des voisinages encombrants. Il est grand temps de s'ouvrir un chemin pour soi. De retrouver sa propre saveur. D'utiliser en promenade l'énergie vitale dont nous disposons encore pour alimenter notre rêverie solitaire.

Le slogan du mois tient en deux mots : "En Marche".  Et ça marche, visiblement. Pour ma part, ce sera lentement et sans but précis. Car le voyage est toujours plus important que la destination. Alors peut-être nous croiserons-nous.

mercredi 17 mai 2017

Chants et bruit

Avez-vous remarqué ? Tous font un signe avec les mains. Il symbolise la tour Eiffel, cette armature érectile qui aurait dû être déboulonnée après l'Exposition Universelle il y a de cela plus d'un siècle ; œuvre d'un architecte allemand qui a changé son nom pour obtenir le contrat. Dirigeants, politiciens, industriels et sportifs aimeraient bien déposer à ses pieds les Jeux Olympiques et après tout pourquoi pas. Bernard Lapasset et Guy Drut qui se détestaient font maintenant équipe, bras dessus, pas dessous. Imaginons l'impossible.

Après les tensions de l'élection, et en attendant l'heure de l'empêchement ici et là-bas, un peu d'amour à partager. Les temps sont difficiles, le ciel incertain, le prix de la chocolatine augmente et il reste tellement de ponts à construire... S'ouvre les chemins de phase finale, voyages ovales entre été et printemps, vers l'herbe fraîchement coupée et la fête qui suit. Alors permettez-moi de vous dédier ce poème de Victor Hugo repris à mon compte décalé. Pour l'élan et la geste. Alors à la nôtre, ami(e)s !

"Amis, j'aime la folle nuit et la nappe rougie, les chants et le bruit, les bonnes compagnies, les cavaliers joyeux, le vin dans tous les verres, l'amour dans tous les yeux ! La tombe est noire, les ans sont courts. Il faut, sans croire aux sots discours, très souvent boire, aimer toujours ! Dans ce paradis Comme Fou qu'éclaire un ciel si doux, tout est joie et folie, fort houblon et anis. Ayons donc à nos fêtes les fleurs et les beautés, la rose sur nos têtes, l'amour à nos côtés !"