samedi 10 janvier 2015

Mourad Charlie Bravo

L'avant-match Toulon-RM92 à Mayol a été remarquable dans le contexte post-attentats. Mais c'est surtout la saillie de Mourad Boudjellal sur le plateau de Canal Plus, vendredi soir, qui a marqué les esprits. Editeur de Charb et Tignous en 1996, le président du RCT n'aime pas les défilés et se dit inquiet de savoir "si ce qu'on a vécu est un commencement ou une fin. Si c'est un commencement, on ne pourra pas empêcher deux mecs avec des kalachnikovs d'aller buter. Et puis on fera quoi derrière? On fera une marche? Et à chaque fois qu'il y aura des morts, on fera des marches... Le problème est de savoir comment des jeunes en viennent à devenir barbares chez nous. Est-ce qu'ils naissent barbares ou est-ce la société qui les fait devenir barbares? C'est là la question essentielle. Quand on apportera des réponses à cette question, plutôt que de faire des marches, on aura avancé.» Son intervention télévisuelle décalée vise aussi les dogmes : «Il faut peut-être donner moins d'importance au religieux. Quand tu rencontres quelqu'un, ce qui t'intéresse c'est de savoir s'il va rencontrer Allah ou Dieu au paradis, dans l'hypothèse où Dieu ou Allah existent, ou de savoir si tu peux vivre avec lui et t'entendre avec lui pendant que tu es en vie ? Moi, ce qui m'intéresse c'est de savoir si je peux vivre et m'entendre avec lui pendant que je suis en vie. Tout ce qui se passe après, je m'en fous! Parce que c'est peut-être. Et on ne peut pas construire notre monde sur des incertitudes. Et de grosses incertitudes. Et c'est ce qu'on est en train de faire aujourd'hui!" Rien à ajouter.

samedi 27 décembre 2014

Dur à cuir

Qu'est-ce que j'apprends ? Jean d'Ormesson va entrer très bientôt dans la Pléiade ? Sans déconner ? Dans la liste des édités, que du lourd, à l'exception de quelques éclairés (de Salles, de Gobineau, de La Cases, de Monluc...). Pas de traces de Oates, Modiano, Le Clezio, et vous voudriez qu'on y place derechef Jean d'O sans que je ne dise rien ? Vous avez déjà lu un d'Ormesson ? Moi, un peu, et c'est vraiment bof. Ca a l'absence de goût du veau sauce vieille France. C'est même parfois un peu rance. Ce ringard va ainsi cotoyer Zweig, Camus, Shakespeare, Céline, Proust, Borges, Spinoza, Conrad et tous les princes consorts ? Comment cela se peut-il ? Avec du piston ? Je n'ose le penser... De la même façon, le voilà Commandeur de la Grande Croix de la Légion d'Honneur à la demande de François Hollande (celui-là, il n'en manque pas une...). Pour quelles raisons l'éditorialiste du Figaro, aussi chroniqueur people de Paris-Match, a-t-il reçu la plus haute distinction du pays ? Cherchez. Moi, je n'ai pas trouvé. On apprendra néanmoins, par ce biais, que le groupe Bolloré fabrique spécialement le papier bible 36 grammes. Et que les Néo-Zélandais fournissent les moutons pour la reliure cuir. D'ici là, bonne fin d'année, les curieux.

mardi 23 décembre 2014

Pas de cinoche

Vingt-huitième Crazy Ruck, donc, et pas des moindres, ami(e)s, avec la présence émotion du jeune Basile de Bure, le fils de notre ami Gilles, là-même où son poète et érudit de père - un phare, le mec ! - nous fit découvrir "chez Henri" les délices du meilleur os à moelle de Paris intra-muros ; rien que de très normal pour ceux qui apprécient, comme nous, Pierre Dac. Il fut question d'entrée du prodige Adrien Bosc et de son livre-lauréat "Constellation" pour nous mettre la tête dans les étoiles, de ce voyou de John McEnroe et de cinéma (beaucoup, voire même davantage) ; de Patrick Nadal et de Raphaël (devinez lequel nous préférons, à l'unanimité), des génies du foot au PSG (un authentique exploit signé Basile dans une assemblée si ovale qu'il vient de rejoindre), de l'islam qui nous joue des tours et de culture en général, laquelle, dixit Benoit, sert avant tout à nourrir (c'était le plat principal) des oeuvres populaires. Le Tigre, Seb, Ritchie, VPL, Basile, Juanito et Benoit étaient ponctuels, solides, heureux. Manquaient pour raisons familiales Antoine, Motoraide et Léon, mais qu'ils le sachent, nous avons porté un toast, et même de nombreux, à leurs santés. Ensuite? Et bien il fut temps d'aller avaler du café chaud en terrasse de "La Mairie" plein vent pour signer ce qui va devenir le (très) grand objectif littéraire de Seb (mais chut, c'est encore secret), de déguster (n'est-ce pas Le Tigre ?) un cigare et de finir à la nuit tombée par se quitter lentement, comme à regret, en se promettant vite un nouveau Ruck aussi Crazy que celui-ci et au complet l'année prochaine. D'ici là, franchement, Joyeux Noel, donc... Car chacun aura rapporté de Princesse une présent d'amitié.