vendredi 23 octobre 2009

Rien de rien


Je n'ai pas allumé la télévision à l'heure du prime-time pour regarder les informations. Je n'ai pas vraiment lu les journaux, juste quelques magazines qui trainaient dans le salon et qui datent de la semaine dernière. Je suis au repos. Trois jours. Déconnecté. Je n'ai pas envie de m'ouvrir au monde. J'écris. Je relis. Je plonge dans mon univers. Et là, ce soir, avant d'aller fermer les yeux pour rêver, je me demande ce que j'ai manqué de si important. Que s'est-il donc passé pendant trois jours ? Quoi d'essentiel ? Dites-moi, de la "Comme Fou", ce que je dois savoir... Et puis, est-ce si grave de fermer les yeux un instant sur l'état du monde ? Dois-je les rouvrir vite ? Que vais-je voir, et lire ? Dites-moi...

16 commentaires:

redondo a dit…

Le pauvre Jean s'enterre.

cds a dit…

Fernando Pessoa :

"Rien ne m’attache a rien.

J’ai envie de cinquante choses en même temps.

Avec une angoisse de faim charnelle

J’aspire à un je ne sais quoi

De façon bien définie à l’indéfini…

Je dors inquiet, je vis dans l’état de rêve anxieux

Du dormeur inquiet, qui rêve à demi.

On a fermé sur moi toutes les portes abstraites et nécessaires,

On a tiré les rideaux de toutes les hypothèses que j’aurais pu voir dans la rue,

Il n’y a pas, dans celle que j’ai trouvée, le numéro qu’on m’avait indiqué.

Je me suis éveillé à la même vie pour laquelle je m’étais endormi.

Il n’est jusqu’aux armes que j’avais vues en songe qui n’aient été mises en déroute.

Il n’est jusqu'à mes songes qui ne se soient sentis faux

Dans l’instant où ils étaient rêves.

Il n’est jusqu'à la vie de mes voeuxmême cette vie làdont je ne sois saturé.

Je comprends par à coups ;

J’écris dans les entre-deux de la lassitude,

Et c’est le spleen du spleen qui me rejette sur la grève.

Je ne sais quel avenir ou quel destin relève de mon angoisse sans gouvernail ;

Je ne sais quelles îles de l’impossible Sud attendent mon naufrage,

Ou quelle palmeraies de littérature me donneront au moins un vers.

Non, je ne sais rien de cela, ni d’autre chose, ni de rien…

Et, au fond de mon esprit, où rêve ce que j’ai rêvé,

Dans les champs ultimes de l’âme, ou sans cause je me remémore

(Et le passé est un brouillard naturel de larmes fausses),

Par les chemins et les pistes des forets lointaines

Où je me suis imaginé présent,

S’enfuient taillées en pièces, derniers vestiges

De l’illusion finale,

Mes armées de songe, défaites sans avoir été,

Mes cohortes incréées, en Dieu démantelées."

(...)

(Poésies d’Alvaro de Campos)

Ritchie bien présent a dit…

Pessoa... Oh! Ah! Deux trois pages de "l'intranquillité" avant de fermer les yeux. Alors bien sûr lui dort inquiet et rêve à demi. Ecrire dans un entre deux de lassitude. Encore que... Je viens de recevoir une nouvelle de Benoit, notre Benoit à nous, à la Comme Fou, sur l'ovale de Sault, le rugby du Pays, le jeu des villages... Un bonheur, les amis. Et un autre d'un jeune qui monte, Ludovic Ninet, ancien de... Je vous laisse trouver. Un texte sur les avants, les gros, une déclaration d'amour plutôt et quand j'ai terminé ce texte j'avais envie d'aller jouer. a cinquante ans. Faut pas être un peu con ? Ou alors en rêve. Et passer. Oh! Ah!

Ritchie au cordeau a dit…

Quel sens de la concision, Eric !

G.E. a dit…

Polanski est encore en prison

G.E. a dit…

Mercredi il a plu. Et la Vague nous a inondé.

rugbymane en panne de a dit…

et moi j'ai passé la journée à sécher sur un texte et putain rien en vue...longtemps que...ludovic Ninet je le lisais dans Rugby Hebdo je crois et j'aimais beaucoup Lire Ninet et tous les autres...bon je remballe pour aujourd'hui je suis...agacé comme jamais...Pessoa c'est sur...au fait le synop...ça allait? bises

Ritchie pot et zi a dit…

tout est parti
le synopsis, la pluie
la vague se retire, aussi
tout est parti
comme une bouteille à la mer
et maintenant ne plus rien faire
qu'attendre la fin du repos
et puis relancer tous les mots

rubgymane reparti a dit…

ouaip m'occupe du gars Russel pas Brent l'autre...le pourfendeur de nuages

christian/pierrot a dit…

Ne rien dire, ne rien faire, ne pas bouger. Juste rester là à écouter le bruit de la mer qui n'en fait plus...

Gilles2 a dit…

Je me souviens, il y a longtemps,très longtemps (34 ans!), j'ai passé trois semaines en Asie centrale (Uzbékistan, Khazakstan, Khirgistan..)
De retour à Orly, je me suis précipité sur le kiosque à journaux, privé que j'avais été d'infos durant tout ce temps, avant même de tenter de récupérer mes bagages. Dans le taxi vers Paris j'ai ouvert, feuilleté, dévoré... avant de m'apercevoir que j'avais le sentiment de lire les journaux de la veille... Rude leçon pour le journaliste que j'étais. Mais belle leçon de relativité. Cela ne m'a pas rendu intranquille pour autant, mais très tranquille quant à la nature des choses...

Ritchie d'écume a dit…

Et bien voilà qui me rassure parce que franchement savoir que petit Jean s'enterre, comme l'écrit si bien Redondo, ça ne me fait passer la semaine.
Au fait, ai vu "la Vague". Comme disait G.E., nous avons été emportés. Ce devrait être obligatoire dans tous les lycées. Non mais !

seb de repos.... a dit…

Moi au repos,j'aspire toujours à faire le ménage dans les actualités qui prennent vite la poussière.En effet,avec la même litanie,elles reviennent,composées de personnages en toc avec les mêmes tics.Regardez au hasard,mon ennemi,Besson,complètement à côté de ses pompes,sans ruban blanc,qui a juste une vague idée à l'âme. Préférant en catimini,en pleine nuit républicaine,utiliser des lois de la jungle.De quoi écrire un livre sans Baloo!Puis le lendemain de façon déCalais,pendant une autre plage horaire,les feux de 20h (institution journalistique de mauvaises nouvelles...) étaient braqués sur "notre" saint Jean national sans terre et sans reproche : "seul sur le sable ,les yeux dans l'eau,mon rêve était trop beau..." oh là là je m'évade,du côté de Saint-Hélène,réflexe paternel oblige!Ensablé le fiston,devant reculer au pied de la rampe de lancement offerte sur un plateau d'argent,par le pater,sous les quolibets savonneux des citoyens défenseurs du mérite.La force de la marée publique est comme de la nytroglycérine,instable et dangereuse à manier.Restons vigilant de toute manipulation!En pleine crise des flux(financiers et démocratiques)on peut toujours craindre,que plus dur sera "La Chute".

Ritchie at the office a dit…

Et voilà le Seb... Y manquait à la réflexion. Joli texte, amigo. "la force de la marée publique", fallait le trouver, ça...
Et ceci clos le vote du Luxembourg pour cette fois-ci.

Poupée Gonflable fr a dit…

tres bon

sex shop a dit…

bon sujet