mercredi 28 octobre 2009

Mose et Pise


Trop forts, ces Italiens ! Champions du monde. Trois mille ouvriers, cent navires, et des digues partout. Un chantier géant doit sauver Venise des eaux. Projet "Mose", système de digues qui sera achevé en 2014. Venise, 60 000 habitants mais 21 millions de visiteurs par an. Reste que personne ne sait combien ça coûte, exactement. Bizarre, non ? Et pendant ce temps-là, Pise penche toujours. Des travaux ont permis de relever la tour de 49 centimètres (sur 4,47 mètres d'inclinaison par rapport à l'axe vertical). Mais il parait qu'elle n'aime pas ça... Alors, faut-il toucher à la nature des choses ? S'empresser de modifier les (dés)équilibres ? Vastes questions...

36 commentaires:

Pascalou a dit…

Si tu habites du mauvais côté de la tour, ou au rez-de-chaussée à Venise, oui sans doute.
Mais, vu d'Alpha du Centaure (avec une bonne lorgnette) : des déséquilibres ? quels déséquilibres ? c'est rond et ça tourne.
Je me demande comme tout le monde où placer le poids de la balance pour décider : c'est trop cher, on laisse tomber (!) et on fait quelque chose de pragmatique et matériel pour soulager d'autres misères plus concrètes, par exemple.

rugbymane a dit…

Certes y'a pis que Pise, juste que l'unemployed Thion pourrait durant pause automnale aller y jouer de l'étaie

seb en touriste.... a dit…

T'as raison Benoît!Espère qu'ils travaillent avec Messieurs Black et d'Equerre pour remettre dans le droit chemin cette tour qui s'épanche!Enfin moi son air courbé me charme toujours autant ça fait un peu parti de l'identité nationale de l'Italie,non?Berlusconi aussi vacille depuis longtemps!Mais là c'est beaucoup moins charmant,plutôt cavalier le type qui ne se démonte jamais.Juste envie de construire des digues anti-conneries quand j'entends sa sérènade amer,à boire sans oublier de recracher bien sûr.Mais revenons au travaux pharaonniques pour sauver Venise des eaux,Boudu quel chantier!2014je veux bien,si on arrive déjà à dépasser le 21 Décembre 2012...Moi à choisir ma fin,je reviendrai coloré de Burano les pieds devant,traversant le pont vers l'autre rive dans un dernier soupir,m'allongeant contre le campanile qui domine Venezia,couché contre cette immense tour,en Peace avec moi même en attendant que mes "21 grammes" s'envolent au-dessus de la lagune...Sur ma tombe on indiquera sobrement "Mort à Venise".

rugbymane a dit…

L'automne est assurément ta "saison préférée" cher Seb. "Mort à Venise" (un de mes Luchino préférés)j'escomptais que tu t'en empares...

Christian/pierrot a dit…

Peut-être faudrait-il, pour la redresser, que le Silvio lui administre quelques unes de ses pilules couleur azur dont les miracles érectiles lui font un sourire béat...
Non tout compte fait, il ne faut pas modifier la nature...
Peut-être juste se contenter d'élaguer les mauvaises branches, et étayer les phallus historiques...

Ritchie via gras a dit…

Ah voilà la Comme Fou lancée... merci Pierrot pour un post turgescent...

Pascalou a dit…

C'est une contrepèterie, çà m'a dit mon acolyte lorsque je lui ai dit "salut Fred" ce soir à l'entraînement des minimes.
J'ai du admettre que oui (ah ! mon père et ma mère, que je vous veux de mal !)

rugbymane a dit…

Pascalou si tu le croises tu salueras de ma part Alain Delpech (il a signé chez vous en première, un talon ( petit souci à l'épaule pour l'heure, qui jouait à Quillan, un pote du Pays du Sault)voilà pour le message perso.

Ritchie spectateur a dit…

Le monde est petit, hein ?

winrab and C° a dit…

Autre message perso : dis moi Seb le touriste, que doit-il se passer le 21 dec 2012 ?

Juanito a dit…

http://www.21decembre2012.net/

la cata prévue !!

Pascalou a dit…

@ Benoit : son épaule est donc son talon d'Achille... Je lui transmettrai !

Gilles2 a dit…

Ah oui, Venise... Qui donc parlait d'un prochain déjeuner dans le double ghetto du Marais? Très vénitienne perspective! Sauvée des eaux, mais alors qu'adviendra-t-il des poulies au plafond de tous les retz-de-chaussées vénitiens? L'hôtel des Bains au Lido mannien et viscontinien tout à la fois, certes, mais que dire du campo Santa Maria Formosa (Sainte Marie potelée!!!); Burano, certes, mais aussi pousser jusqu'à Torcello avec sa basilique romane et son Cipriani d'origine... Mourir à Venise, certes, mais aussi revivre à Venise...

Gilles2 a dit…

Toujours Venise : là-bas, la découverte de l'ovale, en opposition au carré et au cercle si chers à la Renaissance, cela s'appelle le baroque. Perspectives d'ellipses, de cadrages débordements, de courses folles, de déhanchements, d'extases, de sensualité, de scénographies sans fin, de déraison... très rugby tout ça malgré l'idée que l'on pourrait en avoir...

Ritchie qui rit alto a dit…

Venise ovale par sa construction. Impossible d'y avancer droit, bien sûr. Let get lost. S'y perdre. Ca, c'est du plan de jeu, camarade. Avec une telle architecture, les envolées du XV de France prendraient tout de suite une autre allure, non ?

Gilles2 a dit…

Soupir d'aise cher Ritchie, tu as compris que rien ne relève de l'Académie là-bas...
Ostrega como se dicce a Venezia5
Bon dimanche à tous

G.E. a dit…

Il faut aider la mère Nature si l'on peut... pourquoi pas? Qu'est-ce qui nous en empêche?

G.E. a dit…

D'un autre coté, a leopard can't change its spots on dit.

seb étonné.... a dit…

24 heures après l'attribution du magnifique Goncourt de Marie Ndiaye,aucune plume féminine n'a apporté son concours et son âme à ce blog de fou!J'en suis étonné,pourtant de femmes puissantes ici non plus nous n'en manquons pas?!Alors au moment où le soleil décline,et les feuilles mortes collent à nos pieds,de leur réserve solaire inépuisable doivent sortir "Les Femmes de L'ombre"!

G.E. a dit…

Jamais lu Ndiaye, je ne sais pas quoi dire, ne sais pas si elle le mérite ou s'il s'agit d'un choix politiquement correcte.

Rosa Puente a dit…

Seb, Seb...tu as raison de critiquer ce silence de la part de la "comme fou" concernant le prix Goncourt 2009, je n'ai pas lu le roman primé, mais, Ndiaye est une femme remarquable... elle a eu le courage de quitter la France quand Sarkozy est devenu Président!

seb bis.... a dit…

Cette dame de tête pour ne pas dire de caractère,d'une exigence littéraire incontestable,qui est la seule écrivaine a voir jouer une de ces oeuvres au répertoire de la Comédie française,arrive au sommet avec cette récompense,bien gagné au mérite.Et,en effet,partie vivre à Berlin,où les murs du silence n'en finissent jamais de tomber,après l'élection de Sarkozy,et quitta ce pays chloroformer par notre roi de sommeil.Respect Madame!Et quel bonheur de voir de temps à autre,ébrécher,"La Domination Masculine".

Ritchie à la page a dit…

Alors moi au contraire quitter le France au moment où Sarkozy est élu me parait d'une dernière lâcheté. Il faut lutter, affronter, former un mur, reformer les bataillons, allons, allons, marchons...
Le Courage de quitter la France. Purée, qui a écrit ça ? Hein ? Des noms, vite, dénoncez vos camarades ! En ces périodes de recherche de "l'identité nationale", le débat mérite d'être ouvert.
Marie, désolé, je n'ai rien lu de toi. Ni moi ni Benoit, d'ailleurs, qui n'aurait pas manqué de nous en parler ici. Ou là.
Et puis tient le dernier Nobel de Littérature, n'était-ce pas une récompense offerte à "une" écrivain ?

seb rassuré.... a dit…

Ah en voilà une,de réaction vive et pleine de chaux à moudre!Ouf je respire un peu...Marie pourtant pleine de grâce dis t'on,apparaît dans un dernier post rugbymanesque me semble t'il...Non?L'acheter pour sûr!Ou courage?De quoi rebondir comme le cuir ovale suivant les humeurs du temps et de nos identités propres.Quant aux bataillons ou autres bastides,comme soeur Anne,franchement je ne vois désespérant toujours rien venir sous les fenêtres du roi.Point de révolte,ni de grondement de rue dans les brancards,alors comme un être gauche,je regarde donc le soleil NDiaye se coucher nach Berlin en attendant qu'enfin,"Le Vent se Lève".

Rosa Puente a dit…

Le courage...c'est moi, oui, personnellement je ressent beaucoup de frustration par la politique menée par notre président, et on ne se rends pas compte des libertés qu'on perd...

Ritchie qui a les boules a dit…

Ben oui mais faut pas partir. Au contraire. les riches se barrent en Suisse (Delon, Loeb, Noah, etc...) et les intelllectuels filent à Berlin. Restent plus que les lampistes, ceux qui payent leurs impots normalement et achètent des livres écrits par des qui sont installés ailleurs... Drôle de période, mes ami(e)s...

Antoine a dit…

Assez d'accord avec Richard.
Le Fisc, c'est un peu comme la mort : le plus dur, c'est pour ceux qui restent...

seb drapeau en Berne.... a dit…

J'aimerai tant moi aussi sourire de cette période mais chaque jour la cohorte sournoise de haine défile dans nos journaux et dans mon antre,et,elle s'intensifie de plus en verbe violent.Des fantômes inhumains circulent et se gossent avec mépris de certaines valeurs et droits fondateurs de l'Homme.Je vois la France d'en bas en haut,chaque couche se superpose,dans un même marasme,aux larves citoyens!Rester là,à ne rien faire,je ne veux m'y résoudre.Alors j'interpelle,comme l'avocat du diable (non,pas Vergès...),pour retrouver du souffle perdu en route,de Madison à Berlin en passant par Pise et Venise.Une véritable bouteille à l'amer contenant une petite flamme dont l'incandescence s'épuise à mesure que la résistance s'éloigne face à la prochaine échéance du roi...Décidément 2012 une future année de "Joyeuses funérailles"?Alors relevons-nous et aidons-nous les uns les autres pour éviter "L'impasse"...

G.E. a dit…

Partir parce qu'on aime pas les résultats des élections, c'est presque une négation de la démocratie! Je ne lirai pas Mme Ndiaye.

rugbymane a dit…

D'une: Marie est une surdouée, point à la ligne, comme d'autres jeunes écrivains, ici et là, d'elle j'ai presque tout lu et même certaines de ces préfaces et voilà qui nous fait notre petit "et de deux", pour notre petit "et de trois", j'ai lu certaines critiques, pour l'essentiel positives, au sujet de son dernier roman et peu de dire que ça ne m'a pas plus du tout, on voudrait créer tout un tas d'a priori nuisibles à la découverte de son œuvre( laquelle mériterait grandement de l'être, découverte, (et ma foi un Goncourt si au moins ça ne devait servir, aussi et surtout, qu'à ça) pour ce qu'elle est: une œuvre romanesque exigeante), qu'on ne s'y prendrait pas autrement, et pas la faute à leurs auteurs ( des dites critiques), aujourd'hui le temps s'accélère ( internet etc...), compte double ou voire triple, la course à l'échalote de l'info, c'est ainsi: faut vivre avec et s'en accommoder tout pareil; qu'elle vive à Berlin ou au fin fond de l'Alaska peu importe, on vit où l'on peut, et bien sur où l'on veut quand on peut, perso je m'en tamponne, comme des erreurs de jugements d'autres grands écrivains, la lâcheté ( juste la faillibilité de l'homme au fond)de certains grands penseurs du siècle dernier durant la dernière guerre ( Sartre, hein, il pouvait crâner avec ses grands airs révolutionnaires autour du poêle, entre nous...j'aurais toujours beaucoup plus de sympathie pour un Malaparte); enfin, pour ce qui est du devoir de résistance, il va falloir qu'on arrête d'exagérer, à la fin et pour autant que je sache, le pouvoir actuel, si mesquinement populiste et réac soit-il, résulte quand même d'une élection démocratique, le choix massif du peuple ( celui que l'on appelait encore, mais c'était il y a, oula bien longtemps, "le peuple de gauche"),puisque on le sait bien, ça fait mal au QI mais en voilà une triste réalité, les gens des grandes villes, soit ceux qui ont les moyens de s'y maintenir, il faut avoir vécu trente ans à Paris, pour comprendre qu'à l'exception de deux trois quartiers, c'est en train de devenir un grande ville de petits bourgeois de gauche puants l'autocomplaisance, tiens prenez Montmartre qui reste mon seul et vrai Pays, cette année ( et vite qu'elle s'achève celle-là!!!)j'y suis retourné vivre, deux mois, les amis " artistes" que j'ai revus, le peu de temps que je les ai supportés et vice inversé, n'ont eu de cesse de fustiger le fait " qu'on n'est plus chez nous ici mon pauvre Ben, juste une quartier de cadres et de mecs plein de fric", comme si gagner de l'argent, d'abord, était un crime en soi, eux ils en gagnent aussi du " fric" et c'est très bien, ils le méritent, leur talent en tout cas, bref, juste après le joli couplet sur l'air émouvant de la butte de jadis en haute voie de disparition, un autre, insupportable, voici qu'ils me servirent, grosso merdo ça se résumait à ça: " putain t'as vu tous ces tentes de SDF dans nos rues ( leurs rues ben voyons)et tous ces types qui mendient maintenant rue des abbesses", il faut vous imaginez leurs airs pincés de dégoût, voir comme ça les dégoûtaient tous, mes vieux potes prétendument de gauche, de ne plus pouvoir céder à leur putain de "vélib attitioude" ( la suite de suite)

rugbymane ( la suite) a dit…

la suite donc:
(une ville ça devrait toujours être bordélique, plein de bruits, de voitures, une ville où chaque immeuble serait cette maison balzacienne, au deuxième étage les toubibs et autres notables, et toutes les strates de la société braillant sur le palier de tous les autres, quand chacun était obligé de se croiser, c'est un brin réac, trouvez-vous, mais n'était-ce pas cela le vivre ensemble, qui se perpétuait jusqu'au bistrot où chacun était libre, soit obligé, de se retrouver par-delà les différences, et là qu'avons-nous: des lounge bar à la noix, avec leurs comptoirs recyclés en parking à poussettes, tout un tas de type sapés corporate, de minettes déguisés en working girls friday wear, pouah; une ville ça devrait être le chaos, le bordel, sur les trottoirs des piétons, sur le bitume des bagnoles et si tu veux faire du vélo, le dimanche tu files au bois de Boulogne)donc de céder à la "vélib attitioude" la conscience tranquille, un bouquin d'Olivier Adam ( sur-les-pauvres- gens-d'ailleurs-de-la-jungle-de- Calais-mon-Dieu-quelle-horreur) ou un ticket réservé pour la première De "Home" dans le porte bagage( quel triste viatique), ça ne me plait pas plus qu'à vous, en France la voici la gauche qui résiste...Continuons de lire des romans, nous exhortait Le Clézio, et il a raison, à l'intérieur, la plupart du temps se trouve le monde, infiniment petit, celui de l'autofiction ( et après! ça peut être un élément important à l'usage de la sociologie de l'époque), le plus grand aussi, voilà la seule chose à faire et lisez donc les bouquins de Marie...

pierrot la tombal a dit…

Superbe tirade!
Je t'aime mon Benoit!

seb ému.... a dit…

MAGNIFIQUE BENOIT !! Bravo et merci pour ce post déposé au coeur!A présent cela ce confirme "Il y a longtemps que je t'aime".

Gilles2 a dit…

D'accord avec Ritchie, définitivement.
Deuc clans en présence, ceux qui adorent Marie N'diaye et ceux qui ne l'ont pas lu. Je suis du troisième, ceux qui ont lu et n'adorent pas... Et puis vraiment, depuis quand le Goncourt est-il un sommet?

Gilles2 a dit…

D'accord avec Ritchie, définitivement.
Deuc clans en présence, ceux qui adorent Marie N'diaye et ceux qui ne l'ont pas lu. Je suis du troisième, ceux qui ont lu et n'adorent pas... Et puis vraiment, depuis quand le Goncourt est-il un sommet?

Ritchie excipit-occiput a dit…

Whaouuuu. Du grand Jeantet. N'en jetez plus. Et ceci clos le vote du Luxembourg. Si j'ai bien compris, faut lire Marie depuis Berlin l'enchanteur...