jeudi 15 octobre 2015

Celui qui n'y croyait pas

Pour un athée, je ne suis pas épargné. Après La Marseillaise dans l'église de Richmond, voici qu'en me baladant le long de la Tamise par un bel après-midi, je tombe sur l'église de Saint-Richard. Dans une petite localité nommée Jambon, Ham en version originale, entre Richmond et Kingston. Jambon, je vais l'être si jamais ce XV de France de Saint-André tombe les bras en croix à Cardiff mais pas de bonheur, d'abattement plutôt, samedi, terrassé par le dragon black et ses propres démons.

J'avais parié que Marc Lièvremont serait incapable de hisser la France au titre mondial en 2011. Sans Craig Joubert, il y parvenait. J'ai imaginé Philippe Saint-André susceptible de décrocher la timbale, j'y crois encore même si tout me prouve logiquement le contraire. Ca se jouera samedi à partir de 21h, au Millennium Stadium. Jamais équipe de France n'a été aussi nulle pendant quatre saisons. Pourtant...

Je suis passé par hasard mais pas vraiment devant cette église en forme d'étoile, terminée par un clocher dardé vers le ciel, acéré comme mes jugements péremptoires, parfois. Comme pour déchirer les nuages qui vont se former bientôt. Je crois en l'humain. Profondément. En sa capacité de renouvellement, en ses créations. L'être résilient. Plus fort quand ce qui devrait le tuer le laisse encore un peu en vie.

Samedi, à Cardiff, il sera question de rugby, bien évidement. Mais il s'y passera quelque chose de plus fort que les simples rebonds d'un ballon qui ne tourne même pas rond. Nous aurons de quoi creuser en profondeur la psyché d'une nation, ses représentations, ce qui la constitue et la prolonge. Qui suis-je vraiment ? Je me suis posé la question en marchant le long de ce bâtiment construit pour d'autres gloires que celle du jour qui attend quinze Tricolores, samedi, et leurs remplaçants.

7 commentaires:

Seb en Ovalie... a dit…

Ma foi l'ami des "Signes" qui ne trompent pas, un "Sixième sens" qui te colle aux crampons, le stylo dans le bénitier, Ritchie "Délivre-nous du mal", le pessimisme ranger dans la commode de l'autel, tu sais tu n'as point à te confesser, ton amour de l'Ovalie et ta confiance en l'humain laisse parfois de mauvais rebonds à l'âme mais garde ton chemin même s'il ta faudra peut être Samedi soir en enfer mettre une croix dessus, St André miséricordieux aura eu ta peau, mais la messe n'est pas dite "33" allo "Docteur Popaul" ou un autre, moi aussi envie de croire encore un pieu, à une Bebel histoire où tout ne serait pas all-blacks...

Sylvie a dit…

Doux Jésus ! mais qu'avons-nous là ? Une crise de foi de Don Ricardo ! Errant dans les ténèbres en plein jour, dans ses petits souliers ( de St Pierre) doutant de PSA, doutant des Bleus, doutant de lui au final !! A te voir perdu dans les verts pâturages on aurait envie de te dire Quo vadis ? Le Seigneur des agneaux te soufflerait alors "aie confiance, crois en moi et tu verras mon kingdom of heaven " ... tout comme il pourrait te dire "suis-moi, la montée au Golgotha c'est par ici" ... Temps suspendu, vacillements de l'âme pourtant bien chevillée au corps.... Voyons Don Ricardo, ce ne sont que quelques passes ! Ce n'est qu'un match, pas la fin du monde .
Prends quand même quelques roses et un brin de réséda ...

Anonyme a dit…

Ouais....Prévoyez quand même un kil' de rouge et un sauciflard du père Armand, faudra ptêt se rincer au rouquin pour oublier l'Alésia du 17.
Enfin, moi j'dis ça j'entrave queud, pas la peau de mes, au ballon pas rond...Mais j'ai comme dans l'idée qu'y va falloir s'met' du liquide dans l'cornet pour assainir le mal de tronche de 22h30.
Rompons
Boss

Jean Michel, Pomasson a dit…

L'EDF et ses suiveurs seraient comme qui dirait sous le soleil de Satan.
Exactemement. Pas à côté, juste en dessous.
D'une lumière divine discrèèèète au point de ne plus luire que dans le for intérieur de belles consciences aux amours déraisonnables; comme une illumination, une annonce faite au bienheureux parce qu'avec la pompe de satin de Michalak, le pire n'est pas toujours sûr.
À moins que ne brille, là, que la lumière aveuglante de l'erreur de 4 ans...
Parce que la victoire, c'est comme la Vierge. Si on ne la voit pas de temps en temps, le doute s'installe.
Car c'est bien ça, le monde de Satan : illusions et promesses fallacieuses.
Ite missa est ?

Ritchie a dit…

Ah ils sont là, les mouquestaires. Seb, Sylvie, Pom et le Boss. Oui, madame, messieurs, le patron du dossier La Vegas-Grand Canyon et retour sans lequel il n'y aurait pas de "Comme Fou".
Hello Boss, content de t'avoir parmi nous.

benoit a dit…

Avoir raison. Avoir tort. La marge est souvent infime. Même pas ça d'épaisseur de peau. Et puis d'abord, doit-on, toujours-comme ça- à chaque fois et dans les fièvres de l'immédiat après coup, systématiquement brûler ceux qui ont cru raisonnable d'avoir tort et porter en triomphe ceux qui eurent souvent le tort d'avoir raison avant tout le monde et surtout contre vents et marées, contre ceux qui désormais s'apprêtent ( en partant du principe que le triomphe est toujours possible tant qu'on n'a pas encore perdu.) à les fêter, des clameurs plein la bouche, frappés d'une amnésie soudaine. Bien sur que non. La victoire n'apporte pas que des certitudes. Elle n'efface rien. Puisque rien, jamais, ne s'efface. La victoire autorise- a déjà autorisé, dans ce domaine- ce jeu que nous n'aimons jamais vaguement, l'oubli, alors qu'à chaque fois, on peut toujours nous reparler d'audit et parer son discours de mots d'emprunt- ça fait pro, ça fait so chic- au langage entreupreunarial universel ( le monde, comme on sait, tourne tellement rond depuis qu'il parle cette langue couramment, n'est-ce pas?, oui on peut toujours replâtrer les murs de l'histoire, souvent l'oubli demeure le grand maître d'oeuvre, alors qu' il faudrait avoir de la mémoire, pour construire, reconstruire.

Oui, on a le droit d'y croire- j'y crois. Et plus à la capacité de révolte des hommes. Moins aux qualités de meneur- de chef de meute de PSA( un homme que j'aime plutôt bien, et un coach que je plains de loin, car ces jeunes gens, pour la plupart, me semblent bien tendres.- le droit d'y croire, comme on peut aussi trouver que...ahem...ces quatre années ressemblent à un de ces contes Harry Potteribles... On ne fait jamais grand mal à vouloir relancer la conversation, que je sache.

Après, la perspective de ce match, m'enchante. J'espère qu'il fera mal, très mal. Au sens où le grand Walter, pourvu qu'il trouve tout plein d'égal au sein de nos tricolores, entendait qu'un match qui ne fait pas mal...est un match raté...

Ritchie a dit…

Oui, Benoit, il faut que ça fasse mal. Johnny, Johnny... ca va faire mal. Oh, la vache...