lundi 11 avril 2016

Truth vs. Spotlight

Pourquoi une enquête sur les états de service militaires de W. Bush a moins de chances d'aboutir que celle sur la pédophilie en milieu catholique ? Pourquoi les manifestants debout de la place de la République sont-ils délogés manu militari par la police - polis, vie de la cité - alors qu'ils cherchent un moyen de changer la représentation politique ? Pourquoi un sentiment d'amertume m'étreint ce jour et sûrement les suivants en pensant au cynisme de ceux qui nous dirigent ?

Le mouvement Nuit Debout pourrait bien déboucher, si tout le monde arrive à s'entendre, sur une nouvelle force politique à l'image de Podemos en Espagne. On va bien voir si nous sommes aussi déterminés et organisés que nos voisins. Si oui, il se pourrait que la droite et la gauche française soient obligés de revoir leur position. Et c'est bien ce qui semble déranger la classe - pas si classe - dirigeante auto célébrée.

La coupure est visible. Elle s'enfonce sous les pavés de la place de la République la bien nommée, lieu symbolique depuis janvier 2015 de sinistre mémoire. Là même où tous les présidents et têtes couronnées du monde s'étaient donnés la main en bons Charlie, ce sont aujourd'hui les chômeurs, étudiants et précaires qui se serrent les coudes. Et la police qui charge. En Islande, les électeurs tapent sur des casseroles : il parait que ça fait fuir les gouvernants. Perso, j'ai une batterie à disposition.

3 commentaires:

André Boeuf a dit…

Liberté, liberté chérie...
Je viens de revoir, et d'entendre, le poème, "Liberté" de Paul Eluard, dit par Jean-Louis Barrault. Pas mal, mais pas vraiment passionnant, cette interprétation, à mon goût. Mais bien quand même, évidemment.
Je pense, à cet instant, au remarquable livre de Jorge Semprun, "L'écriture ou la vie". Un véritable chef d’œuvre à mon avis. Beaucoup de moi même dans ce livre et, par dessus tout, cet immense besoin de liberté, que j'ai toujours ressenti, aussi loin que ma mémoire puisse remonter.
Je pense que c'est un des sentiments les plus forts que je puisse encore ressentir.
Et, du coup, je repense à votre autre blog, et à sa demande d'une seule et unique proposition sur le rugby actuel. Et bien, je répondrais: liberté, par pitié, liberté! Par la suite, peut-être, je raconterais une petite anecdote à ce propos...
"Mais il est tard, Monsieur
Et il faut que je rentre chez moi."
AB

Ritchie a dit…

Une seule idée mais une grande

Sylvie a dit…

A vrai dire, je ne sais pas quoi en penser de ce mouvement, à la fois réjouie de voir des jeunes plus politisés - au sens d'être intéressés par la res politica - c'est toujours mieux que se gaver de téléréalité mais aussi perplexe devant le côté fourre-tout de leurs Etats Généreux . J'ai trouvé cet article assez proche de ce que je pouvais en comprendre vu de l'extérieur, je vous le soumets en complément des réflexions de Richard http://www.slate.fr/story/116543/nuit-debout-limites-mouvement-sympathique