mercredi 15 novembre 2017

L'art du décalage

Nous sommes prisonniers d'un théâtre, debout sur scène au milieu d'autres, et le public assis dans la pénombre attend de nous que nous réagissions comme il est écrit dans la pièce qu'un metteur en scène a souhaité que nous interprétions. Pas question de sortir du cadre des répliques et des déplacements. Tout doit rester conforme.

N'est-il pas préférable, parfois, d'agir à l'encontre de ce que tous autour de nous jugent utile, nécessaire, souhaitable ? Une zone de confort nous est offerte mais il n'est question d'en dépasser les bornes. Il faut rembourser les spectateurs en livrant la performance attendue.. C'est un peu comme l'obligation qu'aurait un athée, pour ne vexer personne, de baptiser son enfant.

J'ai aussi effectué mon service militaire alors que je "condamne la haine entre les peuples". Je paraphrase là mon ami penseur qui ouvre son livre troisième par cet intitulé : "De petites actions non conformistes sont nécessaires !" J'y souscris pleinement. C'est insidieux, ça fonctionne par petites poussées, mais reconnaissons-le, certains contours de notre être sont gommées par l'opinion que souhaitent avoir de nous les autres. Qui ne nous veulent pas toujours du mal, d'ailleurs.

Rester conforme ? A quoi ? Quel objectif vain.. Décalons-nous plutôt sur l'impasse. Surprenons notre monde. Personne ne s'y attend. Etonnons ceux qui s'endorment. Pour ma part, je n'ai qu'une envie : me sortir des attentes parfois trop lourdes. Pour cela, rechercher l'espace profond, les broussailles oiu le large, selon la physionomie du terrain.

Le conformisme est d'un lassant... Comme s'il s'agissait de dédommager autrui de nos élans, de nos envie, de nos instincts, d'un naturel perdu ou coffré. Que devons-nous ? Et à qui ? La raison cloître la nature. Le vent et la pluie sculptent les pierres et leur donnent formes étranges, surprenantes, inattendues. Echappons-nous dans le côté fermé.

3 commentaires:

André Boeuf a dit…

Serions nous dans la continuité de l'article précédent?

Ritchie a dit…

Oui. Bien vu.

André Boeuf a dit…

Cet "art du décalage" de cette chronique répond donc, me semble-t-il, à "apprendre la solitude" de la précédente. Au rugby, pour resserrer l'objet, le décalage en bout de ligne signifie le "lâchage" de l'ailier seul dans sa course vers l'en but, la ligne d'essai, le paradis du sprinter, de "l'Eliacin à réaction" d'Antoine Blondin. Le décalage, c'est le plus ou moins un selon le côté où l'on se trouve.
C'est encore bien d'autres choses encore, mais soyons patients...