C'est un des joyaux de la Couronne. Plongée dans la pénombre pour ne pas abimer les toiles. Mais c'est nous qui nous y abîmons. La salle William Blake est située au premier étage de la Tate Britain, en face du Mi6. Elle regorge de petits formats d'une rare intensité sur fond de velours mauve. Pas besoin d'être gigantesque pour entrer en profondeur.
Cette toile s'intitule "Agonie dans le jardin". C'et bien anglais. Le défunt est enlevé par une créature moitié démon, moitié ange. Le titre me fait penser à l'élimination du XV d'Angleterre sur sa pelouse. Une lente agonie sur l'herbe grasse. Arraché à son Mondial par les Diables Rouges et quelques Chérubins australiens.
Le Titien, Pérugin, les grands s'y sont tous essayés... Blake, aussi. Des disciples et des oliviers. L'abandon prononcé. Mais vice et pureté mêlés, ciel et damnation dans un même élan. Sombre et rougeoyant, le tableau ; d'une densité absolue. Un choc.
C'était pourtant facile : au lieu d'aller voir Everest au cinéma, Stuart Lancaster n'avait qu'à se rendre comme moi à la Tate Gallery. Il aurait su comment composer son équipe. L'évidence lui aurait sauté aux yeux. Moore, Blake, Turner. Trois piliers. Voilà ce qu'il lui fallait. Ils ont leur salle à eux. Et même plusieurs. Impossible de les éviter. Nous sommes mêmes nombreux à les rechercher et à les trouver au soutien.
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vendredi 9 octobre 2015
lundi 22 septembre 2008
Turner, simplement
Visite de la Tate Gallery. Au fond du réseau de salles dédiées à William Turner, une pièce tapissée de toiles blanches, ou presque. Juste recouvertes d'une huile diaphane, évanescente, parfois lumineuse, parfois opaque.
Un fond de toile en attendant mieux ou l'expression du dépouillement ultime ? La question est posée, aucune réponse n'est satisfaisante. Je reste muet devant le gouffre. Puis-je répondre ? Je préfère me laisser emporter dans ce brouillard captif.
Le but atteint serait alors le fond d'un art. Le dernier tour de main après lequel plus rien ne se peut. Une vie est-elle assez longue pour que nous ayons le temps de le trouver...
Un fond de toile en attendant mieux ou l'expression du dépouillement ultime ? La question est posée, aucune réponse n'est satisfaisante. Je reste muet devant le gouffre. Puis-je répondre ? Je préfère me laisser emporter dans ce brouillard captif.
Le but atteint serait alors le fond d'un art. Le dernier tour de main après lequel plus rien ne se peut. Une vie est-elle assez longue pour que nous ayons le temps de le trouver...
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