J'ai attendu quelque temps pour vous envoyer une nouvelle carte postale d'Albion si peu perfide, allons... Comme vous, j'étais atterré par le résultat de Cardiff, le résultat de quatre ans de Goret qui nous (qui me) promettait (et je l'ai cru et le crois encore naïf que je suis) le meilleur à venir comme on rase gratis demain. Et puis voilà que mes songes se lèvent à mesure que l'automne ralentit la chute du soleil. Le ciel est aujourd'hui dégagé sur Bagshot et Kingston, mes deux pôles anglais du moment. Je vois trois nuances de bleu sur le ballon de la Coupe du monde. Davantage qu'un signe un long message d'espoir. Dans la défaite les âmes se fondent. Terrassées, elles rejaillissent. Ruinées retrouvent leur éclat. Brisées se réunissent. J'ai vu des amis pleurer, des vaincus gémir et, abattus, ne rien s'épargner. Mais parce que la terre est bleue comme une orange, jamais une erreur, les mots ne mentent pas. Certes, ils ne vous donnent plus à chanter tous les secrets, tous les sourires, et quels vêtements d’indulgence ! Enveloppons-les de nos pensées ovales, de nos rêves les plus profonds ; que nos rebonds leur soient favorables. Dimanche l'Irlande nous a piqué au menton. Les guêpes fleurissent vert, des ailes couvrent les feuilles. Renvoyons les ballons le long des lignes de touche jusqu'à l'infini, brisons les freins, cassons les barrières. Ce jeu n'est pas un fleuve tranquille et long ; le French Flair est né sur les rives de l'Adour et de la Nive alors les rivières enjambons jusqu'à Bayonne. Samedi, ami(e) de la Comme Fou, fille, garçon, tu auras toutes les joies solaires, tout le soleil sur la terre, sur les chemins oblongs de ton succès. Parce qu'Eluard ce n'est pas du cochon.
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mardi 13 octobre 2015
vendredi 25 septembre 2015
Bien d'accords
Il faut l'avouer : la déco est à chier. La World Juice Rugby a vendu cette Coupe du monde en Angleterre comme le retour aux sources: le filet d'eau est bien mince. Le Digbeth Branch Canal coule au milieu de Birmingham. Les vieux docks pourris et abandonnés des années 70, réhabilités dernièrement, auraient pu être embellis rugby. Que nenni. Mais c'est un magnifique endroit pour se balader, goûter une bière, bouquiner, prendre le vent dans le nez.
Pour ce qui est aussi de l'ambiance : zéro. Pas de bonus offensif. Un gros ballon bouffi déposé sur la place centrale, en face du Symphony Hall et du centre des congrès. C'est gonflé, non ? Olive blanche dont on se demande si elle ne va pas balancer un vent... La World Company Juice Rugby aurait pu au moins imposer quelques figures plus stylées aux villes hôtes.
Birmingham mélange les années 60 de la brique rouge alignée quand la cité industrielle alimentait l'Angleterre en produits manufacturés, et les années 2000 de verres, de béton et d'acier. Les deux univers architecturaux s'accordent bien. Comme les affiches de concert qui réhabilitent la musique alambiquée - on disait prog rock - que nous écoutions à l'époque où Gareth Edwards enflammait l'Arms Park. J'ai lu que Jethro Tull est un opéra interprété par Ian Anderson. On n'est jamais mieux servi que par soi-même. King Crimson en concert, lui, est sold out.
Sa set list se termine par Court of the Crimson King et 21st Century Schizoid Man. Bien vu: les Boks sont cramoisis de honte. King Crimson n'a pas joué dans les Midlands depuis 1973. J'avais quatorze ans et je ne connaissais même pas leur existence, focalisé sur Deep Purple. Ils étaient six autour du roi Robert Fripp. Ca a dû être génial.
Puis est arrivé hier tard dans la nuit l'essai de Johan Deysel. Face aux All Blacks. Combien de points Cane, McCaw and Co ont inscrit ? Je m'en fous. En revanche, la pénaltouche, le renversement d'attaque et le super plongeon de Deysel donne du sens à ces matches qu'on dit disproportionnés. Et qui ne le sont plus.
Pour ce qui est aussi de l'ambiance : zéro. Pas de bonus offensif. Un gros ballon bouffi déposé sur la place centrale, en face du Symphony Hall et du centre des congrès. C'est gonflé, non ? Olive blanche dont on se demande si elle ne va pas balancer un vent... La World Company Juice Rugby aurait pu au moins imposer quelques figures plus stylées aux villes hôtes.
Birmingham mélange les années 60 de la brique rouge alignée quand la cité industrielle alimentait l'Angleterre en produits manufacturés, et les années 2000 de verres, de béton et d'acier. Les deux univers architecturaux s'accordent bien. Comme les affiches de concert qui réhabilitent la musique alambiquée - on disait prog rock - que nous écoutions à l'époque où Gareth Edwards enflammait l'Arms Park. J'ai lu que Jethro Tull est un opéra interprété par Ian Anderson. On n'est jamais mieux servi que par soi-même. King Crimson en concert, lui, est sold out.
Sa set list se termine par Court of the Crimson King et 21st Century Schizoid Man. Bien vu: les Boks sont cramoisis de honte. King Crimson n'a pas joué dans les Midlands depuis 1973. J'avais quatorze ans et je ne connaissais même pas leur existence, focalisé sur Deep Purple. Ils étaient six autour du roi Robert Fripp. Ca a dû être génial.
Puis est arrivé hier tard dans la nuit l'essai de Johan Deysel. Face aux All Blacks. Combien de points Cane, McCaw and Co ont inscrit ? Je m'en fous. En revanche, la pénaltouche, le renversement d'attaque et le super plongeon de Deysel donne du sens à ces matches qu'on dit disproportionnés. Et qui ne le sont plus.
lundi 6 février 2012
Passe dans la nuit
C'était dimanche, ou plutôt lundi matin tôt. Quatre heures du mat', dans le froid (-8°) du Brie, loin là-bas vers l'est, chez Le Tigre. Soirée Super Bowl. Reçus, Seb et Ritchie, comme des princes d'Orient par le roi du Liban. Des mets succulents, l'accent de l'amitié, des bières comme s'il en pleuvait, pas d'enfant (on a pu crier comme des nazes et s'engueuler sans compter) mais une chienne. Au final, à la dernière seconde, un suspense descendu du ciel comme le ballon vrillé par Tom Brady pour le TD de la victoire, ballon qui a rebondi, que personne n'a su saisir, et voilà comment les New York Giants ont remporté le XLVIème Super Bowl face aux New England Patriots. Puis, même les meilleures choses ayant une fin, nous avons re-traversé la campagne endormie pour rentrer chez nous juste avant que le soleil ne se lève sur les champs enneigés du plateau de Saclay.Belle soirée. Merci, le Tigre. Merci pour tout. Et vivement l'année prochaine ? C'est où, déjà ?
samedi 3 septembre 2011
Vue bleue
Que du bleu. Je ne vois que du bleu. La mer, ou plutôt la baie. Le ciel. La piscine. Et l'équipe de France. Lorsqu'elle s'entraîne. Ou déboule en conférence de presse. Tout est bleu, donc. Même le café du matin, au petit déj', commence à bleuir. Me semble-t-il. J'oubliais : ma voiture est bleue, elle aussi. Et en ce qui concerne la composition du quinze qui va affronter le Japon, je n'y vois pour l'instant que du bleu. Mas, Nallet, Dusautoir, Trinh-Duc, Rougerie. Ceux-là sont certains d'en être. Mais ça fait peu. Avec la blessure de Palisson, estimons que Médard et Clerc vont être alignés. Sept. Sur quinze. Nous n'avons donc qu'une demi-certitude. En attendant, les ateliers se multiplient sur le terrain, chaque matin. L'après-midi, aussi. Mais c'est huis-clos. C'est donc le seul moment où je peux fermer les yeux. Bleus.
mardi 8 septembre 2009
rugby made in foot

Pour la première depuis l'histoire des sports collectifs de ballon en plein air en France, le rugby vient de dépasser le football. Pas dans les tribunes, ni dans les caisses, pas à la bourse et encore moins dans les panneaux publicitaires, pas chez les lecteurs de L'Equipe ni devant les écrans télé, pas en temps de jeu effectif ni en salaire des joueurs. Devinez dans quel domaine ? Sur le banc de touche. Pour la première fois, deux entraîneurs, ceux du Stade Français en l'occurence, viennent d'être limogés. Au bout de cinq journées. Remplacés par deux entraîneurs qui avaient été limogés l'an passé : Jacques Delmas (ex-Grenoble et Biarritz) et Didier Faugeron (ex-Brive et Agen). Deux copains à Ritchie, qui plus est... Allez le Stade !
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