mercredi 23 septembre 2015

Ives le Terrible

Je sais qu'il y a des fanas de ciné à la Comme Fou, et de plus en plus nombreux. Le Terrible d'Eisenstein est resté inachevé. Espérons que ce ne sera pas le cas mercredi, en fin de journée. Que les Japonais auront estampillé l'Ecosse fleur de cerisier avec une victoire pur pack. La veille, Scott Taylor, chargé de la défense calédonienne, ne connaissait même pas le nom de l'auteur de l'essai de la victoire japonaise face aux Springboks. Uniquement son prénom, Karne. Qui incarne désormais le rugby du Soleil Levant. Hesketh est un demi-dieu, Karne bon karma.

L'autre attraction, c'est un dénommé Ives. Justin. Avec lui, les Ecossais devraient connaître quelques malheurs. C'est very Sade pour eux parce que ce kiwi-là est le roi des airs. Et il y aura du vent au Kingsholm, ce mercredi. La vertu nippone, c'est d'être capable de s'adapter à chaque adversaire. On a donc tous hâte de savoir ce que Mikami et Mister Jones ont prévu pour distiller le jeu écossais. Les faire tourner en barriques ? Sans doute.

Justin Ives, comme Karne Hesketh, sont des troisièmes couteaux kiwis, des mecs dont personne ne voulait au pays, des laissés pour compte, rattrapés à la cueillette des cerises quand ils faisaient la queue pour une place dans une sélection provinciale néo-zélandaise sans même recevoir un regard. Là, ils sont au centre de l'attention. Même l'immense anglais Martin Bayfield, devenu consultant bord de touche pour ITV, s'est déplacé à Gloucester pour avoir l'avis de Ives sans rien savoir de sa vie. Ainsi va le buzz du rugby.

Ne le racontez pas mais je suis allé prendre un thé, mardi soir, avec Dal Maso, à son hôtel. Ca ne se fait pas, je sais. C'est même interdit si l'on lit le règlement édicté par World Juice Rugby. Mais je n'avais pas mon badge presse citron. Et puis sous la torture j'avouerai que Marc m'a invité. Nous avons échangé. A l'ancienne, c'est-à-dire en confiance. C'était riche, intéressant, lucide. Du lien fait encore sens. Je l'ai vu commencer sa carrière à Mont-de-Marsan quand Patrick Nadal arrêtait la sienne. Le bonheur est un festin de miettes. N'oubliez pas de les ramasser.

7 commentaires:

Vincent, etc... a dit…

Tellement cosy, ces causeries au coin du feu dont tu nous fait cadeau.
Le tea-pot d´earl-grey et ses 50 nuances fume doucement, malgré le petit tricotage rond et délicieusement ridicule qui le recouvre en partie; A la cave, on sait que la barrique de vieux Porto prendra cette année des senteurs de saké.
Martin Bayfield prend poliment congé tandis que le vieux Dalmaso, couché sagement entre cheminée et sofa, grogne doucement aux caresses dont Lady Chatterley le gratifie distraitement, entre les yeux et la naissance du crâne.
Sir Ritchie, élégant organisateur de toute cette sérénité, ne laisse rien transparaître du dilemme qui le ronge : my horse for my next chronicle's theme ...
Afin de ne rompre le charme, Lady Chatterley's daughter and me, quittons la pièce, sur les tiptoes, tendrement enlacés... (Pas que les doigts de pied, butor de lecteur rationaliste!!!)

Vincent, ... a dit…

Rectification :
...aux caresses distraites de Lady Chatterley, entre les yeux...
Et surtout: LadyChatterley's draught et and I ... Pas and me!
(I do apologize : Please, Lady Sylvie/GObe/Gariguette, have mercy on me ,)

Vincent, ... a dit…

Rectification :
...aux caresses distraites de Lady Chatterley, entre les yeux...
Et surtout: Lady Chatterley's daughter and I ... Pas and me!
(I do apologize : Please, Lady Sylvie/Gobe/Gariguette, have mercy on me !)

Antoine a dit…

Richard, sans flagornerie, ce billet est tout bonnement magnifique. C'est la part des anges de tes articles.

Ritchie a dit…

Merci ami
Bon, on y est, bordel
Je m'attends à un grand match de rugby, tactique, et tout. Pourvu que nous ne soyons pas déçus. Mais je ne pense pas. On a rarement vibré pour une telle rencontre. Je suis avec le crème du journalisme anglo-saxon. Personne ne veut louper ce match. Paul Ackford, du Times, est en tong et pentacourt, mais il a la banane.

Seb en Ovalie... a dit…

Le Japon écossé, réduit en miettes, qui n'a pas fait le pois, le romantisme piétiné par la dure réalité du terrain ! J'espère qu'ils retrouveront leur enthousiasme de valeureux combattants, pour s'inviter malgré l'arrêt "Buffet froid" pris cet apm à l'heure du goûter, à "La Grande Bouffe" des quatre quarts...

Ritchie a dit…

On a tous pris un coup de froid à Gloucester... Calendrier, arbitrage. Quelque chose de pas normal.