dimanche 18 octobre 2015

Soulagés

En fait rien. Ou alors tout. Pas de couleur en particulier ou alors celle qui les absorbe toutes. Noir. Un grand trou. Dans lequel s'est perdu corps et âmes le XV de France. Triste soirée que celle de samedi. Le nuit tombe. Cimetière des illusions. Une croix. Celle de Saint-André. A porter.
 
J'ai de la peine pour lui. Il y a cru. Moi aussi. L'aveuglement. Plus rien n'a de contour. Impossible de trouver le sommeil. Quatre ans perdu et un gâchis. Dans les pubs de Kingston où nous errons à quelques uns les clients embierrés nous demandent ce qu'il s'est passé. Tous n'ont pas vu le match, mais connaissent le résultat.
 
Qu'est-ce qui fait le plus mal ? La soixantaine de points encaissés ? Ou la petite dizaine inscrits ? L'absence de fond de jeu ? Voir des piliers All Blacks percer en fin de match le sourire aux lèvres au milieu de la ligne de trois-quarts rouge de honte ? Ma'a mia Nonu sprinter, manquer l'essai d'un rien et se marrer comme un enfant ?
 
Noir. Comme les idées. Profond aussi comme un Soulages. Riche, épais, en relief : le rugby néo-zélandais, zélé, enlevé, aux ailes, ancré. Et ses essais dessinés au tableau. Le France sort de cette Coupe du monde après un fiasco majuscule. Certains s'en trouvent soulagés.

9 commentaires:

Seb en Ovalie... a dit…

Démission des joueurs ou réel niveau de notre Equipe de France? Après quatre ans de travaux qu'on nous vantait d'Hercule, poireaux nous sommes, il va falloir enquêter sur cette soupe de navets, que d'aigreurs, que de remontées acides, au fond du trou, même pas de révolution à la française, juste la guillotine du score la plus sanglante de l'histoire qui nous coupe du monde de l'excellence. Ce soir Michalak boîte commme toute la France du rugby. Messieurs il va falloir de sacré béquille pour repartir en avant, sans oublier de retravailler ses passes arrières qui nous sortiraient de ce trou noir. Forer au plus profond, analyser de fonte en comble ce match cauchemar marqué d'un maillot rouge, et d'une bande de zombies qui manquaient de saignants englués dans la marée noire, pêcher des idées à défaut de pétrole pour plus jamais revivre "La nuit des morts-vivants"...

Sylvie a dit…

Fifty shades of black et vlan ! c'est la déprime nationale ! Moi je n'y participerai pas d'abord parce qu'il y a bien plus grave dans la vie et ensuite parce que Soulages comment dire ? ce n'est pas ma couleur . Au pays de Manet, Monet, Renoir, Chagall cherche ton inspiration dans le rainbow Ritchie, nous ne serons jamais Neo Zed nous ne serons jamais des Blacks . Notre génie national ne peut pas s'inspirer et surtout pas copier un jeu étranger . Il faudra puiser dans nos ressources propres . Alors oui on va baver devant le jeu abouti de nos concurrents ; on va souffrir ça va être "Blood sweat and tears" et on se relèvera . Là au fond du trou on ne voit pas beaucoup le soleil mais vous le savez bien, "c'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière " .
Sylvie la consolante

Benoit a dit…

Tous les sports sont cruels, quand on perd, a écrit Hemingway...et il me semble qu'il parlait de corrida et du sort réservé au Taureau...Hier, le pire ( et oui, Sylvie, il y a tellement plus grave dans la vie...tellement plus grave...) c'est l'air totalement perdu, déboussolé du taureau...et décider d'emblée de se mettre dans le rouge, jusque dans le choix de la tunique...voilà qui relève encore de ce manque criant d'idées, d'imagination, de tout, en fait, ( je n'ai rien contre PSA, son staff et je ne soufflerai au milieu du concert de toutes ces langues aigres (D'ailleurs, d'ici une heure, les ami(e)s, je file écouter une toute autre musique, à l'opéra Bastille ( une rêve de gosse se réalise et voilà la belle surprise de cette fin de semaine) avec femme et enfants) ...encore une fois...c'est du sport, seulement du sport) depuis quatre ans...
Mais, soyons tant soit peu honnête, cette fin me parait tout à fait logique ( oui, oui, je sais le sport et la logique...Et quand je repense à ce que nous disions, ici et ailleurs, de Marc Lièvremont...je trouve que PSA a plutôt coulé "une bonne république"...Alors, voilà...

Non et puis j'en ai plus que marre de ces discours à la noix, du type: " On prépare la coupe du monde et on a quatre ans...mais c'est dur parce que le rugby français c'est cré cré mal organisé..." Pffff...Commençons par nous projeter sur le match qui vient...Et puis tachons, aussi, de ne pas oublier que pour jouer au rugby...il faut , ben oui, manier parfois le ballon...et que le muscle le plus essentiel, à ce jeu, reste avant tout le cerveau...
Alors, oui, de la tristesse pour les joueurs et le staff...mais bon..

Jean Michel, Pomasson a dit…

Sylvie, Gob, Gariguette,
Je le troupe plutôt bienvenu, moi, Soulages.
Richard ne décrit pas, il écrit.
Soulages, lui, ne dépeint pas, il peint.
Et s'ils utilisent ce noir de tous nos cauchemars, ils le malaxent, le triturent, l'entaillent, créant jeux de lumière subtils pour l'un, ténus pour l'autre à défaut de couleurs.
Mais c'est bien de lumière qu'il s'agit. À trouver, au-delà du noir.
Tendre en somme vers l'outre-noir.

Olivier a dit…

« La vérité, l'âpre vérité », disait DANTON …Des bleus à l’âme…alors au lieu de chanter dans les vestiaires l’innoubliable, "Apostrophes"C'est fait pour s'instruire" Droit de Réponse" Pour se contredireLes infos ça nous fait craquer Intervilles C'est pour s'éclater C'est pour s'éclater
Shana nananana Sha nana nana Shana nananana Sha nana nana
Shana nananana Sha nana nana Shana nananana Sha nana nana
Etc…je propose un air de circonstance…
En rouge et noir, j'exilerai ma peur
J'irai plus haut que ces montagnes de douleur
En rouge et noir, j'afficherai mon cœur
En échange d'une trêve de douceur
En rouge et noir, mes luttes mes faiblesses
Je les connais, j' voudrais tellement qu'elles s'arrêtent
En rouge et noir, drapeau d' mes colères
Je réclame un peu de tendresse

Tautor a dit…

Olivier,
Danton disait le 2 septembre 1792 :
"Le tocsin qu'on va sonner n'est point un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, messieurs, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée."
Rouge ou noir regardons en face
poindre la menace
Rouge ou noir regardons le sang
impur coulé depuis des ans
Rouge ou noir regardons l'aiglon
devenir le trublion
et qu'envers toute logique l'audace
puisse devenir vivace
soyons donc audacieux....
Tautor
des

AJAR a dit…

Bonsoir, évoquer Soulages et l'outrenoir, pourquoi pas ? Il a joué au rugby à Rodez dans les années 30, et Rodez joue en rouge et jaune. Du noir naîtra la lumière si nous le voulons. Le coq chante avec ses pattes dans le fumier... Nous y sommes, alors courage messieurs les dirigeants et les joueurs d'un système, d'un calendrier dépassé, réformons avec intelligence, soyons créatifs, inventifs. Et la lumière reviendra sur l'outrebleu de France.

PS: le musée Soulages à Rodez est superbe.

Sylvie a dit…

Rappelez vous nous avions commencé à évoquer les leçons de ténèbres, puis vint Soulages ....Plutôt logique . Sans vouloir polémiquer avec les amateurs de noir-noir ( avez-vous vu "Art" de Yasmina Reza ? ) je lui préfère Le Caravage dans le clair obscur ou Georges de La Tour pour cette lumière quasi irréelle qui fuse de la nuit .
Restons rugby où là aussi les quarts ravagent ( et pour les Bleus ; l'écart ravage ) avec les puissantes équipes du Nord abattues par les Sudistes . Au moins auront-elles combattu les armes à la main : ah ces Gallois et plus encore ces Ecossais ! De quoi nous faire ruminer davantage sur notre déroute : Tautor a raison faut leur faire boire de l'eau d'as .

Olivier a dit…

Une nation se sauve, elle ne se venge pas. Tu as raison Tautor, Danton nous est utile en ces temps sombres ou l’accusation est si facile et l’échafaud vite dressé…
Il faut être plus grand, malgré nous. affirmait Napoléon le premier oui soyons ce que nous sommes, rebelles, indisciplinés, teigneux, revanchards, de mauvaise foi, irrévérencieux, fidèles, amoureux, braillards, orgueilleux …Bref imparfaits et français. Le même Napo n’a t-il pas dit Du sublime au ridicule, il n'y a qu'un pas. Nous l’avons franchit ce pas…Et au delà de la déroute je veux croire à un avenir meilleur peut être suis-je utopiste…Nous avons déçus et je me compte dans le nombre, car les quinze sont une partie de moi, ils font partie de mon histoire, ils sont ma défaite, ma chute, mon accablement…ils seront, je veux le croire, mon enthousiasme, ma fierté, mon étendard, les victoires futures ne se forgent elles pas dans les défaites ?