dimanche 27 mars 2016

Lord Jim

Ca tombe comme ça. Brutalement. A l'image de sa vie. Dézonée. Comme la mort. Jim Harrison retourne donc en terre. Une légende s'en va, et c'est un faux soleil qui tiendrait sa vengeance. Jim Harrison, une odysée américaine dans les grands espaces, un sorcier des mots au moment où nous avons une heure de jour en moins. Son décès ? Une éclipse de lune. Mais pour lui, ce samedi fut sans doute un bon jour pour mourir. Entre chien et loup hurlait ce géant de la littérature, grand maître qui n'aimait rien tant que les péchés capitaux. Le voilà en route vers l'Ouest, et nous laisse avec les jeux de la nuit, à nager dans les rivières et s'enfuir dans les bois avec nos femmes aux lucioles, en marge. Il n'aimait pas l'été où il faillit mourir. Alors il est parti au printemps. Ce soir, comme beaucoup de soirs, une grosse lampée de whisky et un cigare. A la tienne, Jim. So long.

16 commentaires:

Olivier a dit…

Il emmène au loin des espaces ombrageux...

Ritchie a dit…

Hello Olivier... Pour moi Dalva. Incontournable. Subtil, profond, goûteux. A mettre entre toutes les mains.

Sylvie a dit…

Les gens qui ne fréquentent pas trop la littérature américaine - ils ont le droit hein ? c'est pas obligatoire non plus - croient toujours que ça parle de pêche - pêche au gros chez Hemingway- ou de pêche à la mouche à cause de "A river runs through it"... Déjà Huck Finn passait pas mal de temps avec sa ligne mais bon ... La pêche aux âmes c'était le loisir préféré de Jim Harrison ; pas besoin d'une rivière pour ça, même en forêt ça donnait bien l'âme . Ca m'embête qu'il soit parti, j'aimais bien l'idée de ce grand ours brun se baladant dans cet Ouest qu'on préfèrera toujours sauvage (comme si les gens eux étaient civilisés !). Bon faudra s'y faire, et relire encore et encore .
Pour moi là sans réfléchir ce sont les errances de Brown Dog vous savez celui qui est resté figé quelque part autour de sa 12e année (il s'était fait alors la réflexion que ç'avait été une sacrée bonne année la douzième ... je cite approximativement ) .
Joli titre Ritchie ; il y a de ça en effet .

André Boeuf a dit…

S'il faut parler de Whisky, de Téquila ou de Mescal, d'écrivains, aussi, surtout en nommant "Lord Jim", de Conrad à Harrison, je ne peux m'empêcher de glisser sous le tapis, un de mes livres de chevet, le "Au dessous du volcan" de Malcolm Lowry. D'alcool, peut-être, mais d'amour, de passion, de désespoir aussi...
Bonne nuit à tous.

AB

P.S.:
Pour moi, la littérature américaine, çà n'est pas spécialement la pêche, au gros ou à la friture, mais c'est ceux, et celui en l’occurrence qui m'a ouvert les yeux au monde à venir, et qui est advenu et continue d'advenir, que je retrouve -entre autre, dans le monde du rugby- autrement dit Henry Miller.

AB

Ritchie a dit…

Sylvie, dans le genre décalé, Benoit, qui tarde à s'intercaler ici sur son sujet préféré, te proposerait de lire "La pêche à la truite en Amérique" qui s'évade à contre-courant, signé Richard Brautigan.

Le Berty a dit…

La nouvelle Une Vengeance m'a marqué. Sèche, mais pleine de sentiment.

Mourir au printemps quand on a écrit Légendes d'Automne...

André Boeuf a dit…

Philippe Djian...Pas mal, lui aussi.
Et, pourquoi pas, "Mon chien stupide"...?

AB

Ritchie a dit…

Djia bof pas ma came
Fante ça oui
Mais Harrison pour la chair

Ritchie a dit…

Ça y est
Whisky
Cigare
Silence
La nuit
Pensées vers le Montana
Relire Dalva
et si au fond la vie...

Ritchie a dit…

En marge

Ritchie a dit…

Tenez
Pour vous dire
Comme ça
Entre nous
Le figaro, le point et LCI se rendent maintenant du décès de Jim
A chacun ses priorites
Je ne suis pas abonné

Sylvie a dit…

Je l'ai appris par ton message Ritchie ! Le Monde a fait un bel article, pas d'accord avec le titre ( "JH peintre de l'Amérique rurale " ça m'a fait sursauter ) mais le contenu m'a paru très bon notamment ceci : "pour son traducteur français, Brice Matthieussent, qui lui a consacré un abécédaire, Jim Harrison de A à X (Christian Bourgois, 2007), on a tort de le réduire aux grands espaces. « C’est oublier tous ses romans et ses nouvelles intimistes où l’on ne quitte jamais telle bourgade ensuquée au fin fond du Michigan et tous ces personnages qui ruminent dans leur tanière. C’est oublier le désir de vagabondage non plus physique mais mental, le désir d’assoupissement, de repli sur soi dans un tout petit espace, un confinement qui caractérise souvent le héros harrisonien ». C’est oublier le peintre des huis clos, des détresses à fleur d’âme et de la nostalgie du bonheur enfui."
et une très bonne conclusion, sur Carver et Brautigan ...

benoit a dit…

Ah oui...Je suis un peu dans le dur ce week-end, pas eu le temps de trop lire ce qui se dit- s'écrit ( de sans doute très à propos, du reste, tant ce pays compte nombre de spécialistes et d'amoureux sincères des écrivains de l'autre coté de la grande eau, oui de sans doute très à propos, au sujet de cette grande figure de la littérature américaine) J'ai juste lu ce matin, avant de me remettre à, oui juste lu un article de Christine Marcadier ( c'est, il me semble, paru sur Diacritik) et à la suite de cet article, je me suis dit qu'il n'y avait pas grand chose à rajouter...Enfin si, quand même,juste dire qu'hier soir, et l'ironie dramatique de l'existence parfois ( j'ignorais que...), oui donc, hier soir, on recevait un peu à la sauvette de la famille et j'ai du improviser parce que...pas trop le temps de repasser en cuisine et tout et tout...alors je me suis souvenu qu'il me restait un peu de cet excellent fromage de tète...Et je crois me souvenir qu'il aimait, entre autres, beaucoup-beaucoup ça, lui, le fromage de tète...Allez salut, on y retourne...Bises.

Sophie/Fenêtre Ovale a dit…

Ah merde...c'est aussi ici que je l'apprends...j'ai quasiment lu toutes ses créations, et aimé...je me disais chic il m'en reste à lire...je vais le faire lentement alors...et je relirai les autres...

Ritchie a dit…

salut Benoit, Hello Sophie, nous nous retrouvons autour du Big Jim comme des âmes des grands espaces et des intimités, et c'est pour ça qu'Harrison nous parlait.

Seb en Ovalie... a dit…

De retour de Savoie et de ses grandioses sommets enneigés, le cœur à l'Ouest car pour moi il y a du nouveau, je me remets à la page...Pour moi lire Dalva fut l'une des lectures les plus exaltantes. Je venais d'avoir 18 ans, j'étais presque beau comme un enfant et fort comme un homme,c'était l'été évidemment et j'ai compté en le lisant mes nuits d'automne. De légendes en odyssée, mon âme à planée au dessus de l'Amérique portée par une plume envoûtante jusqu'aux plateaux du Nebraska, à ses côtés, fuyant avec elle, les démons du passé...Remember "Dalva"...