mardi 9 mai 2023
Humain si inhumain
mercredi 9 mars 2022
De cape et d'effets
Du brutal. Jamais Batman n'a été transporté de cette façon à l'écran. Le très sombre héros gothique de Gotham a pris de l'épaisseur et pas seulement parce que son costume de cuir, cape comprise, pèse dans les trente kilos, en incluant les Doc Martins. The Batman est dense. Tout ou presque passe par le regard, celui pathologiquement profond de Robert Pattinson, lourdement cerné de noir. Et dans les silences. Longs. Denses, eux-aussi. Que Matt Reeves n'hésite pas, et c'est heureux pour nous, à prolonger.
On va tout de suite écarter ce qui fâche, à savoir une très grande partie de la musique d'accompagnement, en particulier celles du générique de début et de fin, mauvaises copies de la Marche Funèbre de Chopin exécutées - c'est le mot - par un Clayderman d'Hollywood. Mis à part Nirvana recyclé, tout ce qui accompagne musicalement ce film méritait de meilleures notes. Ce qui nous amène presque à regretter ce copieur de Hans Zimmer.
Il pleut. Beaucoup. Comme dans Blade Runner. Ca frappe. Très fort. Comme dans The Dark Knight Rises. Le méchant - je vous laisse deviner qui ? - est un anti-héros à double-face. Comme dans Prisoners. Ces acolytes surgissent comme s'ils venaient de sortir du Joker, dont ce film pourrait être la suite. Les motivations des uns et des autres trouvent leurs racines dans Seven. Le monde dans lequel ces ingrédients mijotent ressemble à un asile de fous. Ca, malheureusement, nous en avons la confirmation depuis le 24 février.
Pourquoi voir et revoir The Batman ? Parce qu'il est de la série des neuf films - entamée en 1989 par Tim Burton et poursuivie par Joel Schumacher, Christopher Nolan et Zack Snyder - le plus raffiné. Il épouse une multitude de points de vue, propose des éclairages contemporains qui font échos à nos préoccupations, certes, mais sans oublier de nous offrir un bouquet de plans cinématographiques - après tout, c'est du cinoche - plus saisissants les uns que les autres.
Dans l'univers des comics américains des années soixante-dix qui débarquèrent en sous-culture avant de se hisser en un demi-siècle au rang de classiques, Batman fait partie, avec Daredevil, le Surfeur d'Argent et Spiderman, des personnages tourmentés, des personnalités complexes, des héros janusiens qui nous renvoient à nos propres interrogations existentielles. Il y a donc dans cette maladie de Pattinson un peu de nous, ce que Matt Reeves nous révèle au fil de l'intrigue.
Intrigue ? Voire. On connait le coupable d'entrée. On devine vite ses motivations. Notre attention se porte donc ailleurs que vers l'enquête. Sans super pouvoirs, enchâssé dans une tenue en kevlar mais pas nanti d'une étincelle de déduction, ce Batman s'embourbe du début jusqu'à la fin dans un dédale d'énigmes proposées par un adversaire - son double en tenue de chasseur - dont l'intelligence se situe bien au-dessus de ses capacités. Il ne parvient pas non plus à faire passer ses sentiments pour l'agile Catwomen - craquante Zoë Kravitz. Et s'il impose sa présence dans chacun des plans où il apparait, Batman est néanmoins balloté comme un cerf-volant dans une tempête.
Parmi les vieilleries dont il est entouré dans un garage qui pue la rouille, il dispose d'une Batmobile récupérée aux encombrants, modèle De Lorean en acier trempé sorti de Retour vers le Futur, et aussi d'une vieille bécane dont il se sépare à la fin du film pour une moto tunée plus digne de lui. Mais rien de clinquant, de high-tech, d'innovant. Plutôt l'impression que la production s'est servie dans les surplus d'Hollywood pour réaliser des économies. Et c'est ce qui donne à cette version 2022 tout son charme intemporel.
J'aimerais vous parler aussi des autres rôles, tenus par une belle brochette d'acteurs qui prouvent en deuxième rideau leur talent. Et de la suite qui s'annonce après le générique - reste jusqu'à l'écran noir de la fin... Mais le temps presse. Je ne vais pas te retenir plus longtemps. The Batman s'impose, toute affaire cessante. Je ne te dis pas, lecteur, que tu en sortiras indemne. Plus probablement un peu secoué. Mais je t'aurais mis en garde : ce film est frappé.
samedi 31 octobre 2020
Sean Connery, diamant éternel
jeudi 14 novembre 2019
Choc coeur
vendredi 16 août 2019
L'enfer du décor
Après "dans l'Ouest" et "l'Amérique", la thématique "Il était une fois" s'attaque ici aux racines du fiel, l'usine à rêves, la fabrique de fantasmes. Mais pas de façon frontale, non, plus subtilement en passant par l'entrée des artistes, porte basse où l'humiliation est un sésame. Entrez donc dans les coulisses de l'exploitation : vous y verrez une réalité scénarisée au plus serré. Pas de gras, pas d'émotion : Hollywood est une industrie, une sorte d'abattoir généreusement fourni en chair fraîche et en prédicateurs sataniques.
Toutes les scènes de cette satire comportent leur référent. Que ce soit une allusion, un pastiche, un détournement ou une copie conforme, elles placent ce neuvième film du petit Quentin - on a l'impression qu'il n'a pas grandi depuis ses premières amours pelliculées - au sommet de son art. C'est autant une chanson de geste qu'un acte d'amour, autant une analyse sans fard qu'un hymne au télé objectif, autant un long moment jouissif (plus de deux heures) que l'actualité de notre apocalypse.
Tout y est presque plongé à contre courant et à contre culture. Les hippies sont des connards ravagés, les doublures d'authentiques vedettes, le danger peut venir des fillettes post pubères et le destin n'en finit pas de frapper à la mauvaise porte. Cela dit, ce qui s'y voit est certifié : l'apport du cinéma italien, la puissance du tabac, les décors en trompe l'œil, les saillies égotiques (cf Bruce Lee) et j'en passe. Comme un docu-menteur transparent, ce film enveloppe le spectateur, l'enserrant petit à petit jusqu'à l'irrespirable, cette conclusion rouge sang qui est la couleur préférée de son réalisateur.
Restez jusqu'au bout du générique old fashion de fin, c'est là aussi savoureux, preuve (s'il en fallait) que cette symphonie en sol californien se comprend au troisième degré, dans une succession ébouriffante de tiroirs qui s'ouvrent comme un conte modelant le réel, alors qu'Hollywood, c'est exactement le contraire. Quentin Tarentino ou l'anti Walt Disney. Et puis cet art consommé de diriger les meilleurs acteurs de sa génération (Di Caprio, Pitt, Robbie, Fanning, Hirsch, Olyphant) et de la précédente (Russell, Pacino, Dern) afin qu'ils jouent authentiquement faux : là aussi, la marque décalée d'un drôle de bon génie.
dimanche 23 octobre 2016
Cimes riches
samedi 27 août 2016
Vraiment au poil !
Personnellement, après m'être régalé, je vais maintenant me méfier des petits fours et des invitations à fêter un anniversaire. Reste que ce très long métrage est une invitation au bonheur, une proposition à revoir notre existence à l'aune de la poésie, de l'humour, du décalage, et ça tombe bien pour un blog d'ami(e)s ovales.
Je ne sais même pas en quelle langue il a été tourné et je m'en fous complétement. Ce Toni Erdmann est universel tant il est hilarant, décapant, émouvant, caméra la plupart du temps à l'épaule, tremblante comme la vie quand elle mérite d'être vécue.
Partageons nos retours, ami(e)s. Toni Erdmann, jusqu'au dernier plan, jusqu'à la dernière respiration, mérite toute votre attention. On n'y voit pas le temps passer, mais on l'apprécie s'écouler en toniques séquences. Nos erreurs, nos a priori, nos maladresses y sont magnifiées. Ah si, je sais, on y parle une langue magnifique : la bienveillance. Allez, je vous attends.
jeudi 14 janvier 2016
L'épreuve par huit
Déçu aussi avec le Stars Wars VII. Reprise de tous les poncifs, de toutes les ficelles et de la trame des épisodes précédents. Aucune imagination. Un ersatz. Ce ne sont pas des étoiles mais des chandelles. Certes, ça tient et ça se tient mais pour le voyage dans l'imaginaire, le choc attendu, on repassera. Petite mayonnaise dans les vieux pots. Et la recette ?
Il va falloir attendre que le froid revienne si j'en crois notre spécialiste grand écran et nuits blanches, notre Seb national. Il m'a parlé d'un revenant. Peut-il nous en dire davantage ? Sans aucun doute. Nous avons à attendre le 24 février. C'est un peu con parce que la remise des Oscars aura eu lieu deux jours plus tôt et nous saurons déjà que Leo est grand.
jeudi 7 janvier 2016
Aux vents du crépuscule
mardi 22 décembre 2015
Grands écrans
Ensuite placer Inherent Vice, Birdman, Mad Max, Le réveil de la force et Crosswind sur le podium 2015. Arrivés au plat principal, Mad Max se détachait, "film jubilatoire", "inattendu", "authentique", "avec des cascades jamais vues", dixit la bande des trois. Moi, j'avoue que je préférais Inherent Vice et Seb Crosswind, mais il fallait un accord majeur et pas diminué, alors...
Puis chacun, au salon et au dessert, de faire partager son coup de cœur. Pour Julien ce fut Garden State et la scène de la party déjantée à mille baisers. Pour Bertrand les dernières scènes de Lost in Translation, afin de savoir ce qui se murmure à l'oreille de Scarlett. Seb évita d'aller un pont trop loin avec la sortie remastérisée de Sorcerer. Quant à Ritchie, il proposa de décortiquer le générique de Seven.
En conclusion, le rhum de Madagascar s'est évaporé au beau milieu de la nuit mais cette soirée appelle un sequel. Lascombes, Prieuré-Lichine et Cos d'Estournel sont tombés eux aussi avec délectation. Ma cave ne se rebiffe pas.
mardi 15 septembre 2015
A l'est des dunes
vendredi 19 juin 2015
Huit et demis
Les actualités de la Comme Fou défilent : un dictionnaire du désir de voir (Seb), un dictionnaire chic du vin (Léon), un dictionnaire des musiques de film (Benoit), le Carnet Lambert (Pierre), les plus grand matches de rugby (Le Tigre et Antoine), le dictionnaire de la pensée (Ritchie, avec Christophe Schaeffer), sans oublier les productions d'Olivier, sur lesquelles nous jettons un voile pudique... Laurence nous a envoyé une photo de son décolleté rose, dress code de qualité. Antoine, VPL, Basile et Motoraire étaient avec nous par la pensée. Ainsi que le regretté Geoffrey Abadie. C'est pour lui, champion de France avec le Racing Club de France puis le Stade Français, que le rose était mis. Le Tigre est allé à l'essentiel : pas de rose mais une grosse poignée de livres en anglais pour les enfants de Katmandou (qui sont maintenant logés à Pokhara dans leur nouvelle école grace aux dons de tous et de chacun) afin de permettre à ma fille Mina d'offrir une bibliothèque aux élèves lors de son voyage humanitaire au Népal en juillet. Nous avons beaucoup parlé de cinéma, un peu de rugby mais sur le mode "marchand de sable" (Jean-Pierre, on pense à toi) et d'enfance de l'art. Nous avons marché de concert aussi, de la Mutualité à la gare de Lyon. "Le monde flottait et nous étions si heureux", essaimesse Benoit, en conclusion ouverte sur le prochain Crazy Ruck. Au fait, bis repetita, j'insiste lourdement : qui n'a pas acheté "Nos guerres indiennes", l'opus prose-haïku de Mystère Jeantet, perd une belle occasion de lire.
mardi 23 décembre 2014
Pas de cinoche
vendredi 7 novembre 2014
Ca mérite cinq étoiles
vendredi 17 janvier 2014
Toutes les bourses
jeudi 14 février 2013
Gangster Squad
Alors voilà l'idée : avant d'aller à Twickenham, je conseille fortement à Philippe Saint-André d'emmener son équipe, son staff et ses dirigeants voir Gangster Squad au cinéma. D'ici le 23 février, ils vont bien trouver le temps de s'installler dans une salle obscure.
Je me souviens de Will Carling et de ses bonhommes regardant Henri V, puis des valeureux bleus de 2007 devant le DVD de 300, à Cardiff, reprenant à leur compte le fameux "Houha" qui deviendra le cri de ralliement des Marines quelques siècles après les Thermopyles.
Le cinéma et le rugby font bon ménage, et ce ne sont pas Séb, Olivier, Benoit et Christian, nos cinéphiles avertis, qui me contrediront.
PSA, en sélectionnant un deuxième ligne castrais, a choisi son film : "Samson et Dalida". Mais je ne suis pas certain que son héros soit assez mature...
Alors je me retourne vers vous, de la Comme Fou : quel serait le titre de film qui résumerait le mieux l'état du XV de France à l'heure actuelle ?
jeudi 10 mai 2012
Crazy Ruck en Seine
jeudi 5 avril 2012
Avec panache
dimanche 15 janvier 2012
Triple B comme bravo
Si la France perd son label mondial de super puissance, la Comme Fou récupère de son côté un authentique champion. Notre Seb ! Champion de France toutes catégories pour la location de films. Number One sur le territoire. Record d'abonnements battu. C'est le meilleur, ce gonze... Mais finalement rien pour nous surprendre, nous de la Comme Fou qui le connaissons bien et l'apprécions. Seb, c'est le roi du septième art, l'arbitre des salles noires, le factotum du grand écran. Pour son titre national, lui le prince de l'affiche qui tranche, un seul mot : bravo. Et ce n'est pas son "Dernier Combat" si j'en crois ses projets cinématographiques à venir...
vendredi 24 juin 2011
Prêt, Raphaël ?














