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lundi 8 février 2016

Plaisir d'offrir

Gonflé, ce week-end passé à suivre les rebonds de ballons. C'est un métier mais aussi une passion avouée. France-Italie tout d'abord au Stade de France verrouillé comme tour de ruck. Pour la première fois vécu à la façon supporteur, arrivée aux abords à l'heure de l'apéro entre amis et parler de ce match comme de l'opportunité d'une rencontre. Le XV de France s'est trouvé un buteur et un ouvreur sous le même maillot dix. Un ailier hors normes aussi. Et une victoire inespérée. C'est déjà ça. Même si vous pensez, de la Comme Fou, que l'équipe de France battra ensuite l'Irlande et l'Ecosse sans coup férir.
 
Puis vint Irlande-Galles, certainement le meilleur de la première journée de ce Tournoi post-Mondial, affrontement sans répit, les temps forts succédant aux belles occasions. Score de parité et vraiment pas nul. Puis déboula Marseille-PSG pour vite se réduire à de petits pas et des grands ponts, parfait pour relancer le dimanche avant le Super Bowl.
 
Et là, pas de bol, une finale fermée sous un ciel dégagé, parole à la défense, quaterbacks démontés, et des "flags" - l'arbitrage vidéo américain - jetés par dizaines. Autant d'arrêts de jeu bien utiles pour faire le plein de pizzas, de bières, de doritos et de cidre, de gâteau et de vin sud-africain. Bref, le Tigre sait recevoir. Il est six heures du mat' et je vais me coucher, ami(e)s, en savourant cette légèreté de l'existence rythmée de buts, de passes et d'essais sur fond d'amitié. 

vendredi 20 janvier 2012

Trou d'air

Belle aventure humaine que celle vécue par les Toulousains, hier, sur le tarmac de Blagnac. Sans doute afin d'engager des économies, le plus grand club de rugby du monde avait affrêté un moyen courrier slovaque, direction Gloucester. Un zinc rouillé, avec des vis mal serrés, une issue de secours qui s'enclenche dès qu'on la touche, et mille autre anomalies. L'incident a été tweeté par plusieurs joueurs pour le plus grand plaisir des gazettes. Il faut croire que tout le monde, même les clubs les mieux nantis, est touché par la crise économique et cherche à multiplier les économies. On conseillera aux Toulousains, la prochaine fois, d'y aller à la rame - ça remplace une séance de musculation. Rigolade, l'Airbus test prêté par EADS afin que les Novès's boys puissent jouer leurs chances face à l'ancien club de PSA, a profité de ce vol pour tester ses freins... Quelqu'un a-t-il des infos sur le vol retour ?

dimanche 23 octobre 2011

D'argent et d'or

Je l'ai trouvée dans une des forêts denses qui bordent Auckland. Elle gisait, à terre. Alors je l'ai portée au soleil. Tournée et admirée. Fougère argentée. Symbole d'un rugby, d'un pays. A plus d'un titre. Aujourd'hui, elle n'est plus d'argent elle est d'or, cette fougère. L'or des champions qui récompense vingt-quatre ans de jeu, d'allant, d'élan. Tout l'or du rugby. Paradoxalement, c'est le soir, le grand soir, où ils jouent le plus mal qu'ils sont sacrés, les All Blacks. Et le match le plus accompli des Français les laisse dans la plus grande des déceptions, des frustrations. C'est bien la première fois dans l'histoire de la Coupe du monde qu'une nation est couronnée pour l'ensemble de son oeuvre au terme d'un match qu'elle ne mérite pas de remporter. Ce sport, notre sport, est parfois moral. C'est aussi votre avis ?

vendredi 23 septembre 2011

Valises et carton ?

Ils sont prêts ! Qui ? Les Français ? Sans aucun doute. Après avoir été présenté comme une équipe B, ce XV de France est motivé comme jamais. C'est juste ce qu'il ne fallait pas faire, sont en train de se dire les Kiwis. Ironie, c'est un journaliste anglais, Peter Bills, qui a jeté l'huile sur le feu. Merci Murdoch ! Prêts, aussi, les sacs de voyage all blacks. Une valise ? Qui la prendra. Sûrement pas les coéquipiers de McCaw, pas à l'Eden Park, en tout cas. Un carton ? C'est possible. Mais qui va cartonner ? La France, peut-être. Livrer un gros match, avec un mental de fer et de feu devant les falaises de ce marbre moderne qu'est le ciment des stades. Et comme le dit Julien Bonnaire dans un lapsus merveilleux : "Et si on gagne, tant pis !" C'est tout nous, ça...

dimanche 11 septembre 2011

Battu par Nippon







Parce que c'est ça, aussi, le rugby, la Coupe du monde et le pays du Long Nuage Blanc, aka New Zealand. En fait, le jeu est déguisé. Il vibre dans les travées. Ici à North Harbour, un stade entre les collines pas loin d'un centre commercial genre Velizy (pour ceux qui habitent dans l'ouest parisien). On gare sa voiture devant un magasin d'accessoires de golf et on descend doucement la pente en marchant sur les pelouses spongieuses des haricots géants jusqu'à l'entrée, porte H. Comme des poteaux. Ca ne s'invente pas, ça... Au fait, le Japon a été battu, 47-21, mais la France ne l'a pas emporté. Elle a juste ramené un mal de crâne. Pas de charnière, pas de capitaine, pas de jeu. Pas d'entraîneur(s), aussi, sans doute. Et ce soir, annonce de l'équipe pour affronter le Canada. Espérons que ce ne sera pas un Napier dans la tombe...

vendredi 9 septembre 2011

Coupe à coeur



Ca y est, enfin ! C'est parti ! Petite souris était dans le stade d'Auckland, la veille du premier match. Cliché saisi au passage. Clic-clac kodak. Répétition de la cérémonie d'ouverture. Géant, le trophée Webb-Ellis. Il s'ouvre comme une fleur au milieu de l'Eden tandis que dans les travées des tribus maori repètent leurs chants de bienvenue. Cadeau pour la Comme Fou. Comme si vous y étiez. Accrédités. Avec votre passe, quoi...

mardi 6 septembre 2011

Takapuna beach





Tous les lundi c'est rugby. Sur la plage de Takapuna. Entre presse écrite et presse télévisée. En gros, Midi-Olympique-L'Equipe vs. TF1-Canal +. Et quand on évoque L'Equipe, disons que nous ne sommes pas nombreux, la plupart de mes collègues présents préfèrant le footing à une partie de rugby à toucher. A marée basse, nous étions néanmoins 14, hier, en fin de journée. D'un côté Gou, Zanardi, Letort, Templier, de l'autre Fleys, Jean-Pierre Elissalde et un beau plateau de techniciens télé. Victoire de la presse écrite sur le reste du monde audiovisuel. Le rugby, disait, Jean-Rives Rives, permet aux adultes de rester des enfants. Confirmation.

dimanche 14 août 2011

L'heure noire




Vous je ne sais pas mais moi j'ai hâte d'y être. Que ça débute enfin. Qu'on arrête avec les matches de préparation et le Tri-Nations des impasses. Vivement que ça démarre enfin, que les douze heures de décalage horaire permettent tous les rêves, toutes les élucubrations, offrent un horizon bleu. Bleu nuit, certes, mais horizon quand même. L'ouverture face aux Japonais sans niaiserie, un truc solide, et puis assommer les Canadiens, bluffer les Néo-Zélandais et contourner les Tongiens. Pour ensuite, cuire les Rosbifs. Voilà. Rien que ça. Je sais, c'est déjà beaucoup. Peut-être trop. Mais s'il n'y a pas un peu d'envie et beaucoup d'espoir (ou bien l'inverse, je ne sais pas), ce n'est pas la peine de risquer 22 heures d'avion, douze degrés à l'atterrissage et un motel sans âme au bout d'une rue mal éclairée. Autant que je reste chez moi. Et puis le plaisir de vous en raconter un peu plus chaque jour. Vous faire vivre ici, et là, cette Coupe du monde de l'autre bout du monde.

vendredi 30 juillet 2010

Dans le marigot


J'appréhende le retour à réalité. La rentrée au bureau. Les premiers éclats du Top 14. Je me demande si les alligators des Everglades croisés lors de mon séjour en Floride ne sont pas plus innoffensifs. En attendant, j'annonce un championnat d'élite à deux vitesses : huit clubs visent six, voire sept places, tout en haut. Et six vont se battre contre des chiffonniers pour ne pas descendre en Pro D2. Les premiers matches amicaux signifient-ils quelque chose ? Le Stade Français qui perd d'un point contre le LOU annonce la chute du club capital ? Max est-il parvenu à tout phagocyter ? Lundi, 10 h... Bordel, ça ne fait pas beaucoup de vacances à - encore - savourer, ça...

jeudi 25 février 2010

La Guerre de Trois


Aura-t-elle lieu ? Quelle beauté doit-on enlever au Millennium si ce n'est la beauté du jeu ? Hélène veut-elle des garçons ? Notre armée décimée est-elle de taille à gagner le (saint) siège sans Papé ? Jamais l'équipe de France n'a remporté trois succès d'affilée sous l'ère Lièvremont. Le match de vendredi soir est davantage qu'un test, c'est un examen. De passage. Une route dégagée, dirait Ulysse, vers le Grand Chelem d'attaque à Ithaque, certes, mais surtout la possibilité d'une île en Nouvelle-Zélande, dans un an et demi. Un espoir. Alors, les Bleus terrassant le Dragon, illusion ou réalité ? A vous de me dire, à vous de voir. Y'a quand même 20-0 à la mi-temps, pour les Tricolores...

lundi 22 février 2010

Et encore un Thomas


Il habitait Swansea, une maison perpendiculaire à la plage, dans une rue en pente raide. En plein centre ville. Dylan. Je ne sais plus quel grand joueur me disait (Rob Norster, en fait), il y a deux ans : "Il n'y a que trois personnes qui font parler du pays de Galles dans le monde : Tom Jones, Gareth Edwards et Dylan Thomas". Il avait dit quatre, mais j'ai oublié la quatrième... Vous pouvez m'aider, sans doute... Dylan Thomas... Il ferait bien de le sélectionner pour ce match. Ils vont en avoir besoin, les Gallois, vendredi soir. Mais qu'est-ce qu'il pourrait bien leur apporter ? A vous de me le dire ? Et à quel poste le faire jouer ? Pour quelle stratégie ? Faut-t-il craindre l'apport de Dylan Thomas dans cette équipe des Diables Rouges ? A vous lire, les ami(e)s...

lundi 8 février 2010

From Edimbourg


Quelques pintes dans les pubs alentour, Trinh-Duc croisé dans la nuit écossaise histoire de faciliter la récupération, échanges autour du thème d'un match gagné sans plus, de la brume pour faire bonne mesure, du haggis de qualité (c'est préférable), un dé de Talisker à votre santé, ami(e)s de la Comme Fou... Bref, un déplacement à Edimbourg pour l'ouverture du Tournoi bien dans la tradition. Ca fait plaisir de voir que les valeurs sûres ne se diluent pas facilement dans la modernité.

vendredi 4 décembre 2009

15 du Top 14


Ami(e)s de la Comme Fou, voici venue l'heure des bilans de fin d'année. Eh oui, décembre déjà ! Concernant le rugby, l'idée est simple : composer le XV idéal du Top 14 de l'année 2009. Une année qui va de la 14ème journée de la saison passée, soit le succès probant de Perpignan à Brive (18-15), avec quatre buts de Carter (je sais, c'est loin), jusqu'aux résultats, grippés, de ce week-end. De Porical à Ducalcon, en somme... A vos tablettes, à vos réseaux, à vos envies... Bons matches... Et cette équipe-type qui sortira de nos échanges sera celle que je défendrais dans les colonnes de votre quotidien préféré (du moins, préféré j'espère) !

lundi 1 décembre 2008

2011, nuages noirs

Ca y est ! C'est fait ! Tirage au sort ce lundi, 16 heures, à Londres. Sort du chapeau un "Nouvelle-Zélande - France" en match d'ouverture de la Coupe du monde 2011, à l'Eden Park d'Auckland. Le pire et le meilleur d'entrée. Mais ce pourrait-être notre nouveau Jour de Gloire... Remember Cardiff, non ? L'espoire fait vivre. J'espère seulement qu'ils vont serrer les fesses pendant deux ans, les Kiwis, en se rappelant que les Français ne leur réussissent jamais en Webb-Ellis. Mais chaque série a une fin. Même les séries noires. Quid de ce tirage. Ca gratte là où ça fait mal ?

dimanche 16 novembre 2008

Election Miss P.S. 2008


A Reims (son Stade de, sa cathédrale), dimanche, ils ont loupé le sacre ! Les Socialistes, visiblement, n'aiment pas l'amour qui fait Blum. Ils vont lui faire mal, au parti. Plus dense que France-Australie, plus obtus qu'Angleterre-Afrique du sud, voici venir aujourd'hui jeudi, de 16 h à 22 h, le match Royal-Aubry. L'arbitre du duel ? M. Hamon. Ah bon ?. Le socialisme français ne sait plus à quels seins se vouer. De quel côté portez-vous ? Je sais, c'est obscène. Alors que l'un(e) d'entre vous opine. Ségolène ou Martine ?

mercredi 8 octobre 2008

Histoire d'A.

Ce samedi 6 octobre 2007, il est installé derrière l'en-but français en première période, autant dire qu'il va tout voir du premier essai, celui de McAlister et pourtant ne voit rien. Les yeux embués par les larmes. Quelques heures plus tôt, son épouse lui annoncait qu'elle le quittait pour un autre. Dans son petit carré d'herbe, assis sur sa boîte d'objectifs, il déteste la vie, sa vie, photographe de sports par monts et par maux. Toujours parti, jamais là. Il n'a plus rien à quoi, à qui se rattacher que ce match qui lui parait si étrange, si étranger. Il lance seul un pari fou : si la France emporte ce qu'elle doit perdre à cent contre un, sans aucun doute sa femme lui reviendra un jour prochain. Alors ce quart de finale, forcément, il ne peut pas le voir, le sentir, ni le vivre comme nous. McAlister marque devant lui. Son malheur n'est pas le nôtre. Il pleure. Impossible de distinguer les joueurs. Ils sont flous. Ses yeux ne voient que le gouffre qui s'ouvre devant son coeur. Carter marque au pied. Son désespoir touche le fond d'un abîme. Et soudain l'expulsion, comme le pus sort d'une plaie béante, Beauxis ajoute un but et Dusautoir transperce les All Blacks si gris. Je l'appellerai A. Ses larmes sèchent et rougissent ses paupières. Ce match, pour A., est un acte d'amour, une quête, un message immanent qu'il doit interprêter. Et Jauzion se laisse tomber à ses pieds. De loin il a vu, le premier, Michalak percer. A cet instant précis il s'imagine, A., que sa vie reprendra. Demain, ou plus tard, il ne sait pas. La France mène. Et puis la France va l'emporter. Lui aussi. Quelque part où rêvent d'un amour ceux que la vie laisse, transis.