jeudi 22 octobre 2015

Messager

 
"On ne parle, la Ligue ne parle, la Fédération Française de Rugby, les réseaux sociaux, ne parlent que (et ce doit être un atavisme révolutionnaire) de faire tomber des têtes ; châtier des responsables façon chasse aux collabos. Sauf qu'aujourd'hui, c'est inapproprié. Parce que les premiers responsables, ce sont ceux qu'on déresponsabilise : à savoir les joueurs !
 
Remettons le débat à l'endroit. Ecoutons les joueurs Sud-Africains, Gallois, All Blacks, Ecossais, Argentins ou Japonais. On les entend toujours parler de leur peuple. Ils expriment dans leurs propos la fierté de leur appartenance. Et la responsabilité qu'ils ont de le représenter.
 
Nous, ne parlons - les medias surtout - que de contrats, de temps et de projet de jeu, de financement. Nous nous "footballisons". Parlons de charte, d'entrisme, de représentativité et donc de responsabilité. Réglons ensuite les problèmes récurrents depuis trente ans. Mais avant cela, si l'immanent est en équipe de France, que ceux qui la composent remplissent non pas d'abord un contrat mais une mission."

J'ai reçu ce texte d'Antoine Galibert, ancien kiné du Racing Club de France et du XV de France. Il joue "à toucher" le dimanche midi dans le parc de Meudon, avec vue sur Paris. Pour ceux que ça intéresse et qui veulent passer du rognon de cuir en bonne compagnie. On y croise aussi Fabien Galthié. Pour cet Antoine, passion chevillée, ce blog est une belle façon de transmettre. 

19 commentaires:

Sylvie a dit…

Ah Ritchie, mon pseudo sur l'Equipe c'est Gobetween .... "le messager" . L'idée de servir de "passeur" d'aller de l'un à l'autre et s'enrichir mutuellement c'est toute ma vie ça et ma "Mission" aussi . J'ai dû voir trop de films ou lire trop de livres . Je pensais aussi que ces idées étaient universellement partagées ; elles le sont quand je vois jouer les Boks en mission, les Blacks en mission, les Scots en mission, les Japs en mission , les Gallois en mission , les Argentins en mission .
Mais les Français en démission, et tout s'écroule . Alors j'entends "réalisme, pragmatisme machintisme " comme si rêver la réussite ce n'était pas déjà faire un pas vers elle, comme si rêver la victoire ce n'était pas déjà la sentir à portée de main ... On devrait leur faire lire "Elévation" à nos Coqs plutôt que les petites lignes des contrats, leur préparation y est décrite
"Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides " Après ... il suffit de jouer :-)

zarma a dit…

bjr Richard,
j'accepte avec l'idée de partage qui vous anime votre invitation formulée sur l'autre blog à me mouvoir ici (meuh); vous savez pourtant que pour une vieille vache, je ne broute ni ne paisse dans la tranquillité !Plus fernandesque que parnassien, j'avouerais dépendant et cependant un faible pour "comme un vol de gerfauts hors du charnier natal ..." sans pour autant renoncer aux vertus de l'âme sainte en charentaises .
Laissons vos autres ()tributeurs ab ou dissoudre sur l'étal le ver .

Tautor a dit…

Ritchie, Gariguette,
l'Amour du maillot et celui de la patrie commence très tôt en même temps que tu apprends le solfège, les règles de calcul ou de grammaire ... C'est l'éducation que tu reçois chez toi des valeurs ancestrales. Nous sommes de la génération des grands parents qui ont connu la guerre et dont les parents ont fait ou subi 14/18 .... Ils savaient ce que c'était le drapeau bleu,blanc,rouge ... et comme Toussaint arrive, chez moi à la montagne, sur l'obélisque du village est gravé le nom d'un qui a mouillé le maillot pour les autres. je le montre à mes filles pour qu'elles comprennent que l'histoire c'est "un sang impur" .... Servir les autres pour que l'ogive aille à l'aile et non prendre du plomb dans l'aile !!
relisez Leconte de Lisle "le combat homérique"
Tautor


Ritchie a dit…

Gobetween, Zarma, Tautor, les Barbarians (barbares riants) du Côté Ouvert se décale sur Comme Fou qui leur va si bien.
Nation, patrie. Servir sans se servir. Une certaine idée. Mon épouse étant Argentine, j'en connais un petit rayon. De soleil. Une belle idée de ce qui réunit les gens autour d'un sens commun, un but, une appartenance. Mais dans l'ouverture. Il y a derrière cela ce qui relie. Comme au rugby. Celui qui porte le maillot des Pumas porte aussi ses proches, sa famille, ses amis, ses voisins. Quelque chose d'élargi. Et c'est l'addition de toutes ces proximités qui constituent une équipe. Le reste de la nation, c'est aussi dans la capacité du capitaine, l'entraîneur entraînant, les leaders du groupe, à élever les pensées. Pour n'en faire qu'une. Celle de l'équipe représentant la nation.
Libertad, libertad, libertad.

Tautor a dit…

Ritchie,
un arrière grand oncle au temps du second empire a refusé d'aller voter à la mairie. Il fut extrader au Brésil et fût banni de la citoyenneté française. J'ai donc une branche inconnue au Brésil celle de la Liberté.
Tautor

Jean Michel, Pomasson a dit…

Les tricheurs, 1858 ;
"Sont-ce ceux qui bluffent et mentent sur leurs sentiments ?
"Mais qu'est-ce qu'ils ont donc dans la peau ces jeunes gens ?"
Ils ont les nerfs en pelote, se cherchent sans vouloir se trouver et discutent des heures d'un univers qui se débine.
Ces Tricheurs qui manquent d'idéal sont-ils représentatifs de leur génération ?"
1958, année où l'EDF en Afrique du Sud prouva au monde qu'elle entrait de plain-pied dans le gratin international...
Nous, chantres de l'irréalisme poétique eussions apprécié tricheurs de cet acabit.
Une équipée sauvage. De la fureur de vivre...
Sinon de Jacno :
« A la dérive,
A contrecourant,
Et pour plonger,
Au plus profond,
Se laisser flotter
Se laisser bercer
Une espérance inespérée
D’une rive à l’autre »

benoit a dit…

Oui, on ne peut qu'être d'accord avec tout ça. Bien sur. Mais est-ce vraiment des instruments de musculation que l'on doit se passer de l'un à l'autre à ce noble sport? La muscu c'est assez individuel comme truc. Oui, alors, on sue, certes-chacun sur son quant à soi d'Haltères et de wet truc- mais ensemble,d'accord-d'accord, on partage ces mauvais moments en groupe. Bon. Et puis on fait, tout le monde le fait, en Top 14, en entreprise, dans certains clubs du 3em age ( si, si je vous jure) des stages, commando sinon c'est menti ( et là, roulement de tambours face caméra, là on se dit les choses " Oh, hé, la dernière PS 4 elle est po mal ou bien? " t'as vu la bellette qui tient du rayon rando au décathle de Saint-Girons. Pfiou....chauffe la quiche, hein!" oui des choses qui ont du perdre un peu de sens en cours de route, à force de se dire.) qui forgent une cohésion de hussards attention les vélos, tout ça...

benoit a dit…

A une autre époque, pas si lointaine, on faisait lire la lettre de Guy Moquet, avec le résultat qu'on sait ( j'en connais un qui au lieu de profiter d'une grande chaîne nationale mieux qu'un tremplin en béton pour sa candidature, avait tout pour se taire, mais les gens n'ont plus aucune mémoire)...Et donc les joueurs...Il me semble, outre le fait que la plupart sont trop tendres, décidément bien tendres, et sans doute pas au niveau où beaucoup les ont vu, voudraient les voir, ( mais à part deux trois oubliés en route, je ne vois pas qui d'autres à leur place) , les joueurs, quand même, ils font, aussi et surtout, comme on leur dit de faire...Il ne s'agit pas de tirer à bout portant sur Philippe Saint-André, d'une: c'est parfaitement dégueulasse, n'a de toute façon que très peu à voir avec ces fameuses "valeurs" du rugby dont on nous bassine et plus on nous bassine avec ça et moins ça donne envie de s'y tremper ne serait-ce qu'un bout d'orteil, vu que...de deux: le spectacle, qui personnellement m'a fait froid dans le dos, d'un homme seul face à tous, et surtout à cette kyrielle de vieilles gloires qui parlent un peu à tort et à travers et surtout pour clamer qu'ils existent, je l'ai trouvé et le trouve encore...désolant. Oui, c'est même encore plus affreux que ça.

Mr Galibert a bien raison de dire qu'on se footbalise. Mais ça fait un petit moment. Sauf que, puisque enfin on parle bien de la même chose...les joueurs, à force de s'entendre dire- répéter-marteler, presque trois ans durant, que tout finirait par s'arranger après trois mois de ce qu'on sait...Se passer des instruments de muscu, à ce jeu que nous aimons tous avec une tendresse particulière, et ben c'est lourd et surtout ça n'a jamais suffit à faire gagner quoi que ce soit. Il faut autre chose...Une conviction. Du souffle. Et tout ça, il me semble- je vois l'ensemble de trop loin sans doute,oui, ça s'inculque. Tout comme la confiance en un jeu. Au moins une façon de voir et de faire. Regardez les australiens d'avant et après l'arrivée de Cheika...
Mais il y a encore cette histoire de générations, dont les mentalités ne sont pas si simples à comprendre. Il y a des leviers " la patrie en danger", "Walmy", toute une rhétorique éculée, avec eux ça ne passe plus...Je passe suffisamment pour un vieux con auprès de mes deux ados, je ne les épargne pas ( je m'entends.) et, bien sur (sans réciprocité ça ne marche pas. La vie c'est du théatre: tu parles- je te réponds. Et vice inversé)) eux non plus ne perdent jamais une occasion de me renvoyer, gentiment, dans les cordes, pour avoir compris un truc ( ouais, je sais c'est pas beaucoup.): ces jeunes gens et par extension ( nous en sommes en présence d'une espèce non identifiée de syllogisme ou je ne sais quoi) cette nouvelle génération de rugbymen, qui, entre autres, se foutent vraiment des rapports hiérarchiques, ont comme on sait un rapport étrange et compliqué avec le passé, la mémoire (internet est passé par là et je ne dis surtout pas que c'est bien. Surtout pas.) il ne faut pas leur jeter la pierre façon Finkielkraut et consorts, non, ce serait mépriser un peu l'avenir...Faut savoir les prendre...Par surprise, avec un surcroît d'autorité maline ( ils n'aiment pas mais justement...) et surtout de pédagogie ( parvenir à les associer au truc. En sport c'est possible, non?) Un savant mélange de tout ça...Bonne chance. Moi j'ai des lasagnes " à terminer" sans quoi...hé-hé

Ritchie a dit…

Dis donc Benoit, ce serait pas la méthode à Cheika ça hein ? Tu liras ça demain in ton quot de sports taillé comme un gratuit mais payant préféré. Amitiés.
Tiens allez, y aura aussi un sacré Schalk qui raconte pourquoi il passe ou percute et un Meyer les mots dans les Verts.
A plus

Ritchie a dit…

Mais Burger saignant et le best of de Meyer samedi. Pas tout dans la même journée, quand même...

benoit a dit…

Ah ben chic, alors! Pour sur que je lirai avec un toujours un vif plaisir. Ton entretien avec Meyer m'a inspiré...à ne pas croire. Je te le dis.

Sylvie a dit…

J'ai des ados plein ma classe chaque année - vous avez vu "Un jour sans fin" ? moi chaque année ils arrivent 15/16 ans et l'année d'après pareil ! Oui c'est d'autres ados mais en 30 ans, non 34 ans qu'ai-je vu changer ? Rien enfin moins qu'on ne le croit . Les filles, les garçons ? Pareil . Les rêves, projets, enfin esquisses de projets des ados sont les mêmes : l'amour, l'amitié, la justice, les autres, les filles, les garçons, le rock ... ah non pas ça ; ça c'est fini . Refus des relations hiérarchiques ? Pas plus qu'hier - les chahuts hénaurmes des années 80 c'est finito, on va grogner en masse sur Facebook c'est tout mais ce sont les mêmes mots / maux . Les mêmes émotions aux mêmes moments de "Romeo and Juliet", la même colère pour "12 angry men", les mêmes rires sur Chaplin etc .
Ils ont du matos ? Ipods, Mp4, tablettes ? Moi aussi et vlan le videoprojecteur, le tableau numérique ! Mais ça ne compte pas ; ils aiment mieux quand je raconte la guerre de Secession ou le rugby . Faut être là . Faut être avec eux ... et leur faire des lasagnes comme Benoit : une couche de tactique, une couche d'intelligence situationnelle, une couche de placements, une couche de passes au cordeau . Une cuillère pour papa Cheika, une cuillère pour maman Meyer . Nourrir, les gars, nourrir leur imaginaire, leur technique, leur âme, leur envie .Vous me croyez si je vous dis que ça marche au poil ?

Seb en Ovalie... a dit…

Les amis, un vrai régal de vous lire entre cercopithèques et Maki Catta!!!Oui on te croit Sylvie, en classe et partout ailleurs, surtout ne pas tomber dans "Le labyrinthe du silence"...Transmettre quel beau verbe, avec ou cent (sans) mot(s), mais avec la mémoire comme devoir chevillé au cœur...

Ritchie a dit…

Et moi, Benoit, tu crois qu'il ne m'a pas inspiré, Meyer ! Je sais que tu sais...
Sylvie, on a envie d'enseigner avec toi quand on te lit. Hein, Seb ? T'es pas d'accord. Sylvie, c'est la Meyer. Et toi la Métro Goldwin.

Seb en Ovalie... a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Seb en Ovalie... a dit…

Pour ce qui est du Meyer, Ritchie celle là transmission d'âme !! Ici chaque prénom, surnom nous éclaire, comme des enseignes lumineuses multicolores, un Las Vegas d'hommes et de femmes qui enrichit l'esprit ( il est là!) au milieu du désert de la pensée, de l'humain ni bandit et pas manchot au niveau de l'offrandre, ça clignote à tous les étages, ça jazz pas dans le ravin, chaque relance finie en terre promise, des jackpots au milieu de "Casino" !

Ritchie a dit…

Petit texto de Philippe Saint-André (en vacances en famille à l'étranger) ce matin. Il s'est régalé à lire Comme Fou m'a-t-il avoué.
A suivre...

zarma a dit…

Depuis que Meyer ne cache plus son jeu, j'éprouve un doute façon psychopathe moyen sur l'étendue de ses facultés népérienne à orchestrer le décrètement (en soi, non,plus la peine) du jeu, du rythme à imposer sur la gestion du logos pour en extraire d'une psychée quelque chose où repeindre à partir d'une palette toute de noir sans dégradé ... Le gars doit avoir un pinceau dans l'oeil où un soleil aux ordres prêt à se coucher à disposition pour rigoler en bon brownien de nos orbites médusées guettant le radeau, comme un psychodrame, qu'on construit à renfort, grand ré()fort de ()corde . Il ne doit pas avoir l'esprit bien français pour éprouver nos doutes . Les Protestants cajoleront toujours les Judas pour être sûrs d'inventer la table des apôtres, à 12 comme à XV .

Ritchie a dit…

Zarma en grâce... Du mat cramé (pour la méduse), qu'on se le dise ce radeau. Bon, une chronique de décalage, mon Roger, mais ce n'est pas grave on joue les caractères à l'aile ici.