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vendredi 30 décembre 2016

Pour la route

Prenons la bande d'asphalte qui s'ouvre vers l'horizon, débouchons la brume qui occulte la perspective et avançons vers l'inconnu à la découverte de nous-mêmes. J'aimerais vous dire que là-bas, pas si loin, finalement, s'élèvent de magnifiques panoramas, des vues dégagées jusqu'au plus lointain, au-delà de ce que nos sens sont capables d'appréhender.

J'aimerais que cette route, mal goudronnée, encadrée d'herbes folles et sauvages qui ondulent au vent, sinueuse mais familière, cette route qui nous est offerte parce que nous sommes allés à sa rencontre, qui nous indique que rien ne sert de trop attendre de ce qui survient après le virage, que cette route soit la nôtre.

J'aimerais surtout vous en souhaiter ici une bonne pour l'occasion puisque la vieille se termine, une tendre, une belle, une riche d'amour, une tonique, vous la souhaiter joyeuse et surtout parce que je sais qu'elle va être pénible, dure, âpre. Elle va nous obliger à batailler face au vent, à porter le ballon comme on porte des convictions, bien serré contre soi mais au chaud du pack.

dimanche 13 novembre 2016

La famille Thoreau

Il y a six ans, le philosophe américain Noam Chomsky écrivait : "On va nous dire que les hommes blancs sont une minorité persécutée. On va nous dire de nous défendre, et de défendre ainsi l'honneur de la nation. La force militaire sera exaltée. Des gens vont être frappés. Si les sondages sont corrects, ce ne sont pas les Républicains mais l'aile droite des Républicains, des fous, qui va tout balayer lors des prochaines élections." Prémonitoire.
 
On peut haïr les familles pour ce qu'elles n'offrent que le Gide et le couvert. Ou alors se dorer l'âme devant un petit lever de soleil, n'est-ce pas miss ? Au cinéma, elles pullulent et il suffit de commencer par Addams, Bélier, Tenenbaum et Berkman pour rester en bonnes compagnies. Une nouvelle portée vient d'arriver, qui écoute les Variations Goldberg version Gould (je préfère personnellement celle de Gustav Leonhardt sur clavecin mais on me parle de Pierre Hantaï, alors) et les suites pour violoncelle de Bach par Yo-Yo Ma. 
 
Le cinéma m'entre par les oreilles. Je bande son, j'avoue. Alors voici la famille Cash, sept pèrecenaires dans une trouvaille rafraîchissante intitulée Captain Fantastic, fable thoresque qui font se succéder décalages et collages, allégories et péremptions, contre-pieds et élans, relances dans les taillis et formules lapidaires. On ne dira pas plus grand que nature mais s'y plonger prolonge nos réflexions à l'heure où la politique nous Trump, où la bêtise nous confond, où le pire est à vomir.
 
Le déséquilibre est toujours la meilleure façon de trouver l'harmonie. Il faut oser imposer pour mieux explorer ensuite ce qu'est la liberté. Eduquer n'est pas satisfaire, c'est finalement parvenir à proposer le choix. Rude responsabilité que celle d'avoir à constituer la palette, toute la palette, avant de l'offrir. Le laps de temps dont disposent les parents pour aider la chenille à s'envoler papillon n'est pas extensible, il est intense. Fable donc, et rien que pour cela vitale.
 
Depuis plusieurs jours, j'ausculte les médias américains, ceux qui n'imaginaient pas que le peuple américain allait se choisir un Donald pour président après avoir élu un Ronald, une sorte de Tapie dans l'ombre d'extrême droite après avoir testé un acteur de seconde zone. Le malaise est grand, gros et moche. Alors plutôt que me morfondre à observer le pathétique "president-elect", je suis allé voir Captain Fantastic.
 
Restons un moment en H.D. dans le domaine romantique. "Ce voyage que je viens d'y faire m'a remis en mémoire que ce pays est toujours extraordinairement nouveau. Il vous suffit de voyager quelques jours dans l'intérieur ou l'arrière-pays de bon nombre des anciens Etats pour toucher du doigt l'Amérique que les Normands, Cabot, Gosnold, Smith et Raleigh ont visitée. Cependant que la République s'est taillée une histoire mondiale, l'Amérique n'est toujours ni colonisée ni même explorée. Nous ne vivons, aujourd'hui encore, que sur la bordure de ce continent, et nous savons à peine d'où viennent les fleuves qui portent notre flotte." Les forêts du Maine, Ed. José Corti. (p. 90).


samedi 3 septembre 2016

Mon sac de rugby

Il fallait travailler assez longtemps et au bon moment pour vivre ça, l'écrire, le publier et le savourer. Le Stade Rochelais leader du Top 14 ! Un club à budget moyen, sans mécène, sans gros sponsors, un club enclavé sur les bords de l'Atlantique, entre Nantes et Bordeaux. La Rochelle relancé et stabilisé puis développé par l'enchanteur Merling, Vincent de son prénom, ancien troisième-ligne aile volant de l'équipe première, belle famille ovale, comme les Adole, Lescalmel et Elissalde.

Il fallait l'imaginer et franchement, ce n'était pas envisageable aussi vite, avec deux déplacements en trois matches. Pourtant... Comme quoi tout est possible, quand on y met de la passion, de l'émotion, de la vision. Et que le vent porte bien en poupe et gonfle les voiles. C'est provisoire, bien sûr. Mais pas question de bouder quoi que ce soit. Et on fêtera ça jeudi 15 septembre ensemble. Alors venez en jaune et noir, si c'est possible.

Je vous raconterai peut-être des histoires de rochelais, des anecdotes de poussin sur le terrain pelé, annexe de Marcel-Deflandre. Le sens de marée, les mouettes qui annoncent la pluie. Les injonctions de M. Puyfourcat, les finesses de M. Bas, le geste de passe de M. Courthès, les philosophies de M. Adole, ce Jacky que vous connaissez bien. Relisez donc "Mon sac de rugby" et "Déjà", vous y trouverez l'esprit qui flotte, de quoi se placer dans le courant continu avant de se revoir.

dimanche 8 mai 2016

Un pont si proche

La semaine dernière, voyage en Aveyron et passage par le viaduc de Millau. 2,5 km d'ouvrage. Comme je lis en ce moment Le Corbusier, ce béton laisser rêveur. Pourquoi l'Aveyron ? Pour me ressourcer. Mais pas la possibilité, cette fois-ci, d'aller au musée Pierre Soulages, cet ancien joueur de rugby qui a endossé le maillot de l'outre noir.

L'Aveyron et les châteaux sans clé qui s'ouvrent rien pour vous hors saison. Bienveillance et gentillesse. Retraite spirituelle et gustative, trois jours pour succomber aux délices du veau sous la mère et des cochons sur la paille, le tout agrémenté d'un Saint-Chinian qui s'émancipe en passant à travers l'oxygénateur.

Un pont relie les êtres au dessus du vide. L'esprit en vacance. Pas de montre mais un Gaveau demi-queue. L'idée que je peux me faire du luxe sans ostentation. Juste ce dont j'ai besoin. Zéro pour cent rugby. A peine quelques résultats sans surprise grappillés sur mon portable au hasard des connections tant le Championnat semble déjà terminé.

Lundi, mardi et mercredi serai à Valence d'Agen, Toulouse, Béziers et Carcassonne. Là aussi pour me (re)plonger aux sources désaltérantes et profondes. Le rugby peut être comme l'eau d'une rivière sans cesse renouvelée au même endroit. Un trait d'union, jamais trop loin. J'en reviendrai, car il faudra bien remonter. Nous en parlerons.

mardi 23 décembre 2014

Pas de cinoche

Vingt-huitième Crazy Ruck, donc, et pas des moindres, ami(e)s, avec la présence émotion du jeune Basile de Bure, le fils de notre ami Gilles, là-même où son poète et érudit de père - un phare, le mec ! - nous fit découvrir "chez Henri" les délices du meilleur os à moelle de Paris intra-muros ; rien que de très normal pour ceux qui apprécient, comme nous, Pierre Dac. Il fut question d'entrée du prodige Adrien Bosc et de son livre-lauréat "Constellation" pour nous mettre la tête dans les étoiles, de ce voyou de John McEnroe et de cinéma (beaucoup, voire même davantage) ; de Patrick Nadal et de Raphaël (devinez lequel nous préférons, à l'unanimité), des génies du foot au PSG (un authentique exploit signé Basile dans une assemblée si ovale qu'il vient de rejoindre), de l'islam qui nous joue des tours et de culture en général, laquelle, dixit Benoit, sert avant tout à nourrir (c'était le plat principal) des oeuvres populaires. Le Tigre, Seb, Ritchie, VPL, Basile, Juanito et Benoit étaient ponctuels, solides, heureux. Manquaient pour raisons familiales Antoine, Motoraide et Léon, mais qu'ils le sachent, nous avons porté un toast, et même de nombreux, à leurs santés. Ensuite? Et bien il fut temps d'aller avaler du café chaud en terrasse de "La Mairie" plein vent pour signer ce qui va devenir le (très) grand objectif littéraire de Seb (mais chut, c'est encore secret), de déguster (n'est-ce pas Le Tigre ?) un cigare et de finir à la nuit tombée par se quitter lentement, comme à regret, en se promettant vite un nouveau Ruck aussi Crazy que celui-ci et au complet l'année prochaine. D'ici là, franchement, Joyeux Noel, donc... Car chacun aura rapporté de Princesse une présent d'amitié.

jeudi 23 février 2012

Carcassonne

Jour de repos. Si, si, c'est vrai. Et pour faire bonne mesure alors qu'il avait fait soleil voici le crachin, le ciel gris et l'humidité. Sympa. Comme ça au lieu d'être comme fou je vais rester au chaud à lire le nouveau manuscrit de Jacky Adole, reçu il y a quelques temps. Un récit rural, un roman de terroir, une histoire de filiation et d'amour, de chevaux et de lavoir. Qui commence sur le pont vieux de Carcassonne pour se terminer sur un quai de gare. Du rustique, comme il sait si bien l'écrire et pas une ligne de rugby. Enfin, si, un petit peu quand même. Mais presque en clin d'oeil. L'essentiel est ailleurs. Du coup, je sens que je vais passer une bonne journée.

Vous voulez connaître le titre de son quatrième opus ? Entrez dans la danse et cliquez...

vendredi 30 septembre 2011

Je vote bush

Hier, six heures de balade dans le bush de Wairarapa, une zone forestière et montagneuse située derrière Wellington. Des bouts de route gravillonnées au milieu des moutons, pas de réseau téléphonique. Croisé deux voitures en tout et pour tout. Retour à la nature. Verts, les champs. Noires, les forêts. Emeraude, les rivières. Bleu, le ciel. Le vent pour seule conversation. Pas un bruit. La chanson du torrent qui roule ses pierres. Les cascades coulent comme des larmes sur les joues de la montagne. Pas de rugby. Cortazar à mes côtés pour les haltes magiques. Des biches, mais aussi des chasseurs de biches avec leurs mollets de campeurs, leurs têtes de cons et leurs fusils. Le côté Delivrance de l'après-midi. Le nom de l'endroit ? La gorge de Waiohine. Inoubliable.

jeudi 15 janvier 2009

Crac et boum

Et pourtant il y avait Montpellier, son climat ensoleillé, ses "4 Foutrastiques", son avenir radieux, ses projets, son président-trompette... Et puis boum! Tout foutu par terre. Il y avait Auch. On y croyait, à ce petit club chez les grands, les irréductibles Gersois et leurs racines, le rugby roots. Et puis crac. Fin des illusions. Quelque chose est en train de foutre le camp. Je ne sais pas quoi encore. Mais ça ressemble à un crash. Où sont les valeurs refuges du monde ovale ?