lundi 29 septembre 2008

L'opéra de Cardiff

Allons, enfants de la partie, à quoi pensiez-vous dans la soirée du 6 octobre 2007 devant votre écran de télévision ? Ou l'oreille collée au transistor ? Faisiez-vous partie des vingt mille privilégiés français présents dans les tribunes du Millennium Stadium ?
On y donnait un opéra de pack et d'estoc. Un an, déjà.
Emotion intacte, éruption face au haka, frisson au final.
"Jour de Gloire", nouvel opus, revisite le mythe d'un French Flair qui laissa les All Blacks désarticulés.
Aux livres, citoyens...

lundi 22 septembre 2008

Turner, simplement

Visite de la Tate Gallery. Au fond du réseau de salles dédiées à William Turner, une pièce tapissée de toiles blanches, ou presque. Juste recouvertes d'une huile diaphane, évanescente, parfois lumineuse, parfois opaque.
Un fond de toile en attendant mieux ou l'expression du dépouillement ultime ? La question est posée, aucune réponse n'est satisfaisante. Je reste muet devant le gouffre. Puis-je répondre ? Je préfère me laisser emporter dans ce brouillard captif.
Le but atteint serait alors le fond d'un art. Le dernier tour de main après lequel plus rien ne se peut. Une vie est-elle assez longue pour que nous ayons le temps de le trouver...

mardi 16 septembre 2008

Nietzsche v. Vizinczey

Prolongeant nos échanges, une idée a germé et alimente nos réflexions de la semaine. Stephen Vizinczey remarquait : " Il y a fondamentalement deux sortes de littératures. L'une vous aide à comprendre, l'autre vous aide à oublier". Friedrich Nietzsche s'interrogeait, lui, dans le Gai Savoir : "Qu'importe un livre qui ne sait pas nous transporter au-delà de tous les livres ?"
L'un nous invite à utiliser l'impulsion du balancier, l'autre à nous élever dans nos choix.
Friedrich, vertical ; Stephen, horizontal.
Et toi, dans quelle direction vas-tu, un livre sous le bras ?

dimanche 14 septembre 2008

Ovalisques

Rosa Puente expose souvent, sourit toujours et d'un coup de poignet trouve l'ovale sous l'encre comme Ingres l'odalisque. Il y aussi du Giacometti pour l'épure de ses sculptures. Du coup, les formes charnelles et la posture nette habitent la toile comme le bronze. Rosa parle aussi et ainsi, sans même le savoir, d'un jeu, le rugby, qu'elle fait naître dans la matrice : de façon sensorielle et donc universelle. Suis allé visiter son atelier à Palaiseau, terre de Pierre Michon et de Georges Sand, et revenu les mains pleines, repu comme un ailier qui aurait touché mille ballons débordés.
A vous de savourer au clic d'en bas et d'en parler, si le coeur ovale vous en dit.

jeudi 11 septembre 2008

Festin de miettes

Quelques ouvrages brefs prolongent la nuit d'un écho infini, renouvellé, Beckett, Michon, Auster, Juliet, Pérec, Zweig ; des riffs surplombent la partition du jour trop long, Hendrix, Evans, Soad, Ludwig van, et les flacons rougissants aux goulots profilés caressent leurs saints, Emilion, Estèphe, Pourçain, Amour... S'il n'y avait que cela, et vivre en sybarite sans heure, sans heurt.
Le bonheur est un festin de miettes.
Alors une question, une seule : de quelles miettes dînez-vous ?