Ca fait un drôle de bruit durant la conversation. Comme le mec qui vous répond au téléphone assis sur la cuvette et, à la fin d'une phrase, tire sur la chasse d'eau. La campagne n'est pas verte, elle est polluée. Par des petites phrases nauséabondes, des amalgames, des mensonges, des parallèles déplacés.
Je parle de la campagne pour les élections présidentielles aux Etats-Unis, pour les primaires en France, et aussi la fédérale qui met en lice Pierre Camou, Bernard Laporte et Alain Doucet, sachant que Pierre Salviac s'est retiré pour la course à la présidence de la FFR. Même au pire de l'ère de plomb des Agenais Ferrasse-Basquet, puis du duel Fouroux-Fabre remporté par Lapasset au prix de trahisons, le réglement de compte n'était pas aussi vil.
Voilà donc Bernard Laporte grimé en populiste pourfendeur de l'etablishment, donneur de leçons d'éthique, briseur des privilèges et stature de Mr. Propre chez Augias, posture extrème dans laquelle il est aussi crédible qu'un renard devenu groom à la porte d'un poulailler. Et pourtant ça marche, si l'on en croit les sondages, ce qui est à désespérer.
L'Auvergne et la Côte d'Azur se sont raliées à Bernie le Dingue ; le Béarn, les Pays de Loire et la Normandie devraient en faire de même. Reste l'interrogation Ile-de-France. En tout, assez pour débarquer au comité directeur en fédérant dix des trente-six membres du comité directeur de la FFR, mais trop peu pour être élu parmi les douze caciques du bureau. On se console comme on peut.
Ailleurs aussi, le niveau du débat public est d'une pauvreté pathétique. On ne s'étonnera pas ensuite que les nouvelles générations ne s'interessent pas à la politique dès lors qu'elles s'aperçoivent que la carrière d'élu ne sert, au mieux, que des interets personnels. Pour le pire, il suffit de suivre la chronique judiciaire. Toute proportions gardées, les chemins qui débouchent sur Marcoussis et la Maison Blanche sont pavés de mauvaises intentions. Déboucher. C'est tout à fait ça.