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vendredi 16 octobre 2015

La marque Jones

Elles viennent des vallées de la Rhondda et s'installent à Twickenham, ce samedi. Elles chantent comme mille. Et boivent autant. Assises mais  la plupart du temps debout dans mon dos, juste derrière la dernière rangée de la tribune de presse la plus haute du monte après celle de l'Everest. Dix rangées de plus et vous touchez le plafond du Temple.

Elles chantent goulument Land of my Fathers, puis vivent le match en hurlant leurs encouragements. Parfois des cris d'hystérie qui nous hissent dans les contre-ut. Difficile d'écrire dans ces conditions. Alors je m'abandonne en clé de sol, cette terre de leurs ancêtres qui sont un peu les nôtres puisqu'Owen Roe à Bayonne, vous connaissez l'histoire...

Samedi, elles seront soudées, leurs bières dans les mains, une bouteille dans chaque. Les fillettes de rosé au sol et tout qui dégouline à mes pieds en seconde période parce que la boisson ne tient pas l'émotion. Tout en sol, donc. Hen wlad fy nhadau. "Terre de poètes et de chanteurs, paradis du barde. Le don poétique n'est pas entravé. La vue de chaque vallée, chaque falaise m'est belle." Ma première émotion rugbystique. 1986.

Nous serons Gallois pendant un instant, le premier de ces quarts de finale qui vont nous emmener loin, espérons-le. Gallois le temps d'un hymne qui fera trembler Twickenham déserté d'Anglais. Parce que Gareth Edwards et Barry John. Parce Phil Bennett et JPR Williams. Parce que Clem et Dylan Thomas (merci Benoit). Et aussi Alun Wyn et Tom. Il en faut toujours deux pour perpétuer, descendue des vallées, la marque Jones.

dimanche 11 octobre 2015

De l'église au Temple

Samedi, église St Mary Magdelene. Richmond. Mon collègue et néanmoins ami Jean-Christophe Collin a repéré l'affiche. Venez chanter les hymnes et les chansons de la Coupe du monde. Jusque là, rien de particulièrement étonnant. Si ce n'est un orchestre militaire aux partitions. En ouverture, Waltzing Matilda et Cwm Rhondda, pour honorer l'Australie-Galles qui va suivre.

Suit une chanson folklorique française, le chant du berger d'auvergne. Je découvre l'œuvre de Marie-Joseph Canteloube de Malaret, jusque là inconnu au bataillon, je l'avoue. Et c'est alors que l'orchestre militaire, dans cette église de Richmond, se lance dans La Marseillaise. Oui, vous avez bien lu, notre hymne révolutionnaire. Jean-Christophe et moi nous levons, chantons à tue-tête et les fidèles applaudissent.

Moment d'autant plus incroyable qu'on nous a servi un verre de rouge, du Shiraz, et ce n'est pas du vin de messe. Un truc de dingue. Je n'avais jamais vu ni entendu ça avant. Tout comme des Anglais chanter Flower of Scotland et Danny Boy... Cela dit, l'arc-en-ciel brillait dans les travées, Sud-Africains, Irlandais, Américains, Italiens, et deux Français, donc, tous en chœur.

Nous avons même eu droit au Libertango, d'Astor Piazzolla, pour célébrer l'Argentine. Celui-là, de morceau, fut littéralement exécuté par l'orchestre militaire, mais on leur a pardonné. Tout comme pour We are the Champions, de Queen. Ce n'est pas pour cette fois, entendait-on dans les travées, entre deux goulées de rouge.

Après cette épiphanie, nous sommes partis vers Twickenham déjeuner sur le parking avant le brutal Australie-Galles. Pas un seul Swing Low Sweet Chariot ne s'est élevé des tribunes du Temple. J'allais oublier : ce concert œcuménique s'inscrivait dans la fondation Lawrence Dallaglio, résident de Richmond, pour le développement du rugby en zones sensibles.

dimanche 20 septembre 2015

Noel au Japon


Le Japon fête ça, mais c'est l'Afrique du sud qui a pris la bûche. Trêve de bêtises, Japon-Afsud, c'était cadeau. Une distribution de plaisir et de frissons. Ca fait longtemps, depuis la finale 2011, que je n'avais pas vibré comme ça. Non, je n'avais pas vibré, d'ailleurs. Disons depuis la demi-finale 1999, à Twickenham. C'est vous dire. Un pur bonheur de rugby. Comme les Ecossais avant eux, les Japonais n'ont pas voulu se satisfaire d'un match nul. Non, ils voulaient la victoire dans un panache.

Que c'était beau, que c'était grand ! 34 000 personnes debout. 10 000 pour l'Afrique du sud, le reste pour le Japon, y compris les neutres. Tous Japonais, samedi, à Brighton. Pour cette relance de 80 m, ces 20 temps de jeu, ces 5 mêlées devant la ligne, cette dernière action "large-large" et cet essai qui ressemble à celui de Serge Blanco contre l'Australie en demi-finale. Toutes proportions gardées. Mais quand même.

Ce match, on s'en souviendra longtemps et tous les quatre ans, on me demandera d'écrire quelque chose dessus. Je peux dire : j'y étais. Nous n'étions pas nombreux, les Français, en tribune de presse. Deux, me semble-t-il. Pour admirer des plaquages de fous, des coups de génie, et cette volonté de vivre jusqu'au bout, au delà du temps réglementaire. Fuck the rules, disait Webb Ellis en attaquant balle en mains. Goromaru, Sa'u, Ono, Tanaka et Hesketh sont ses héritiers.

La journée avait bien commencé, hier. Je croisais François Pienaar. Abrazo, quelques mots. George Gregan était là, lui aussi. Et Shane Williams, mon voisin de table en salle de presse. J'ai fait la connaissance de Daisuke Ohata, recordman du monde des essais. Devant Campese. Et cette heureuse journée s'est terminée avec Pieter de Villiers et Marc Dal Maso, deux hommes de "mêlée". L'un heureux côté japonais, l'autre détruit avec les Boks. Ils ont échangé, respectueux, anciens complices du XV de France. Il y avait un ciel bleu lumineux sur Brighton.

dimanche 13 mai 2012

En phase finale

Bien sûr, il y a le remake. Castres-Montpellier, en bleu et blanc. Sorte de déjà vu. Avec Teulet qui enquille et Trinh-Duc qui surfe. Bien sûr, il y a la guerre des étoiles : Toulon-Racing à Mayol ! Allo, allo, Giteau, Wilko, Steyn et El Mago sur un bateau et qui tombe en rade ? Mais moi le match qui commence déjà à me passionner, peut-être même davantage que le duel qui vient de passer entre Hollande et Sarko, il va se dérouler dans le nord. Et ça va taper fort. Vous voyez bien de quoi je veux parler : Le Pen contre Mélanchon. Ou plutôt l'inverse, car c'est l'homme au maillot rouge qui monte défier, en challenger, la prêtresse blonde des chemises brunes. Il en faut du courage et de la conviction pour relever le gant face à la dame de plomb. Ce match-là se joue pour la démocratie entre deux extrêmes. L'un attaque à gauche quand l'autre déborde à droite: face-à-face, ils ne peuvent que s'affronter. Le perdant, et c'est tout l'enjeu des urnes, sera décrédibilisé et balancé sur la lune; le gagnant relancé. Il y va donc de notre avenir : une France sociale, encore plus marqué à gauche qu'elle ne l'est depuis le 6 mai, ou un pays droitier. La main tendue ou le bras levé. Une sorte de lutte finale qui va nous en dire davantage sur nous même, dans une région de corons touchée par la corruption et le chômage. Un vrai grand match de phase finale. En juin. Pour savoir à quel stade la France se situe.

lundi 19 mars 2012

Une seule couleur

En rugby comme en politique. Des goûts et des couleurs. Il y a le noir, porté en chemise. Le noir Marine. Je sais, c'est pas joli au teint mais parfois ça gagne. Malheureusement. Mais certains Français ont apprécié l'Occupation du terrain. Il y a le bleu. C'est pas terrible terrible. Du fond de grand écran pour les meetings : vous remarquerez que tout le monde, ou presque, en met. Ils ont un demi de mêlée, les Bleus, à la Fouroux. Nicolas Furax qu'il s'appelle. Avatar avorton du grand Jacques. On parle du rose, comme au Stade Français de Max, comme au Racing du Showbiz. Sauf que ce rose-là manque de punch. C'est un peu mou des pattes de devant. Dommage. Pas de souffle, non plus. François mais en version Chamalow. Le vert, aussi. C'est joli. Mais ça joue dans tous les sens, sans esprit d'équipe. L'orange maintenant et ça attaque au centre. Une hérésie. Parce que plus personne ne passe au centre, désormais. Et puis le Pays de Galles a remporté le Grand Chelem, samedi. Le rouge a dominé ce week-end. Le Rouge Bastille. De belles prises de bal du dimanche. Mélanchon on ne connait pas son prénom mais il vient de se faire un non.

samedi 24 décembre 2011

Ca sent le sapin

C'est pas pour jouer rabat-joie mais je trouve que ça sent le sapin. Il va falloir ramoner les cheminées, déballer les crados, soigner son foie bien gras et vider les gobelets sans en mettre partout sur la nappe. Pas facile, j'annonce. Mais bon, c'est la nuit des enfants, grands et petits, la visite du barbu à gros nez rouge et ce n'est pas Daniel Herrero. C'est la soirée hot devant la cheminée, peau de bête et déhanché sexy. Profitez-en bien, les ami(e)s, parce que dès dimanche, c'est terminé. Jusqu'à la prochaine fois. Et si vous voyez des rennes de beauté, n'hésitez pas à les approcher : elles font feu de tout bois. Moyeu Joel !

mardi 12 janvier 2010

Oh, génie...

Il a inventé le rugby moderne dès 1950. Jean Prat et Lucien Mias ne le comprirent pas, à cette époque. Il était tellement en avance sur son temps... Enseignant, communiste, ancien footballeur, homme du nord, tout pour déplaire aux Jeunes Turcs de Ferrasse qui repoussèrent ses idées novatrices. Il fallut attendre Robert Bru, en 1979, pour décrypter son enseignement, puis Pierre Villepreux pour le vulgariser dès 1984 avec le Stade Toulousain. René Deleplace nous a quitté samedi midi, en faisant son marché à Fontenay-aux-Roses. Infarctus. Mais son coeur bat en Rouge et Noir. Parfois. Pas assez souvent. Tous les ans, depuis 2002, je le retrouvais à l'Ecole Centrale pour le match des Anciens. Vert. Lucide. Droit. Ses écrits restent. D'autres aussi, à venir, au milieu de legs gardés comme des trésors.