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dimanche 15 mai 2016

Ras du sol

L'être humain au travail rampe devant les injonctions, les menaces, sa hiérarchie ; il subit les humiliations, les contraintes ; s'aplatit devant les horaires, les obligations; remplit les objectifs, les cases, les fonctions.

Tout le monde rampe. A commencer par les politiques devant l'argent des grandes entreprises, devant le pouvoir les lobbies et des multinationales. Pour finir par les médias institutionnels qui accompagnent les informations tellement ils ont peur de dénoncer.

La grande menace c'est de perdre le peu que nous avons. Alors autant s'allonger plutôt que de risquer.

Il y a un mot pourtant qui se répète depuis peu, un mot en train d'éclore : debout. Comme le jeu, comme le je. Jeu debout en rugby, je debout dans la nuit. Et cette nuit, justement, semble nuire, à ceux qui font tout pour que nous restions allongés, ou à ramper.

Parce que l'enjeu est de taille, il est vital pour les institutions de dénigrer ceux qui restent debout toute la nuit, ceux qui ne veulent pas s'allonger devant la grosse machine à détruire les espoirs. Alors les médias bien pensants, bien pesants, utilisent la constante macabre.

La constante macabre, c'est une propension à ne voir que ce qui ne fonctionne pas, ce (ou ceux) qui dérape(nt) ; à ne mentionner que les trains qui n'arrivent pas à l'heure, les vitrines brisées plutôt que les idées échangées, les insultes qui fusent plutôt que la parole donnée ; quelques abrutis au lieu du grand nombre d'éclairés.

Dénigrer arrange ceux qui dirigent. C'est aussi vieux que la politique et bien plus vieux qu'Alain Juppé présenté en sauveur de la République. Lui, il y a un peu plus de vingt ans, avait fait descendre la France dans la rue. En plein jour. Voilà qu'il se représente. C'est à ça qu'on le reconnait.

jeudi 28 janvier 2016

Sept extra !

Antoine, Le Tigre, Ritchie, Vince, Seb, Léon et Chris raidis pour Rio et les J.-O. Bien sûr à 7... Trente-troisième Crazy Ruck, donc, et c'est Ritchie qui toussait, docteur, dites. Quant à la cervelle, ma foi, il y en avait partout. Mais pas dans les assiettes. Du foie, plutôt.

Chris a remarquablement placé Nietzsche dans l'intervalle en fin de match, Léon nous a épaté avec ses sept travaux d'Hercule de la plume alerte, Seb venait de perdre son oncle Jean - grand journaliste de sports devant l'éternel (cf. son dico chez Bordas) - et nous sommes tous passés au rouge à sa mémoire; Vince avait sorti le cigare de président, Le Tigre a testé notre culture ovale et Antoine a donné du temps de jeu effectif à cette agape de belle tenue.

Les livres avaient cours (c'est devenu notre marque pages), les options furent immédiates : coups de cœur, coups gagnants. Des envols sereins portaient haut dans le ciel vers nos Indes, nos horizons, nos projets, philosophies de vie, enchaînements chics, désirs intacts, anecdotes jaillissantes d'un Crazy Ruck fluide et saignant.

Bien sûr, nous avons décerné le prix Novès de litres et ratures, en évaluant les chances de victoires tricolores dans ce Six nations. Elles vont de une à trois, selon... Ah si, j'ai relevé un en-avant montois qui fait tache. Promesse de se revoir jeudi 24 mars, midi, Chez Henri ou au Al-Dar, selon, pour débriefer le Tournoi. D'ici là, bons matches.

mardi 22 décembre 2015

Grands écrans

L'envie ? Se retrouver entre fondus de cinéma pour évoquer l'année passée et secouer les pellicules. Au rendez-vous Seb (qu'on ne présente plus), Julien Mill (Cinépal "art et essai") et Bertrand Lagacherie (Le Bertyblog, et accessoirement lequipe.fr). D'entrée en matière, considérer "2046" à l'unanimité du trio comme le chef d'œuvre absolu, le summum du septième art.

Ensuite placer Inherent Vice, Birdman, Mad Max, Le réveil de la force et Crosswind sur le podium 2015. Arrivés au plat principal, Mad Max se détachait, "film jubilatoire", "inattendu", "authentique", "avec des cascades jamais vues", dixit la bande des trois. Moi, j'avoue que je préférais Inherent Vice et Seb Crosswind, mais il fallait un accord majeur et pas diminué, alors...

Puis chacun, au salon et au dessert, de faire partager son coup de cœur. Pour Julien ce fut Garden State et la scène de la party déjantée à mille baisers. Pour Bertrand les dernières scènes de Lost in Translation, afin de savoir ce qui se murmure à l'oreille de Scarlett. Seb évita d'aller un pont trop loin avec la sortie remastérisée de Sorcerer. Quant à Ritchie, il proposa de décortiquer le générique de Seven.

En conclusion, le rhum de Madagascar s'est évaporé au beau milieu de la nuit mais cette soirée appelle un sequel. Lascombes, Prieuré-Lichine et Cos d'Estournel sont tombés eux aussi avec délectation. Ma cave ne se rebiffe pas.

samedi 26 septembre 2015

En anglais mon cul

Cette Coupe du monde est policée. Là vous avez accès, pas ici. Je vous raconte. Quand les Uruguayens débarquent vendredi sur la pelouse manucurée du Villa Park de Birmingham, ils s'étalent. Et que je te pose mes pompes ici, ma bouteille d'eau là, mes affaires dans ce coin, mes ballons dans celui-là, mes rouleaux d'assouplissement devant moi... Un joyeux bordel. Qui contraste avec l'organisation sud-africaine au millimètre (sauf dans le jeu) et même celle plus souple des Samoans, encore qu'ils commencent à ressembler de plus en plus à des Anglo-Saxons. Ils ont même l'attachée de presse la plus désagréable de la compétition, impression confirmée par les volontaires qui officient au stade d'Aston Villa. Avec elle, jamais rien ne va...

Au bout de quinze minutes, chrono en main, un officiel prie alors la presse de dégager. Puis nous avons droit à une conférence, avec entre deux et quatre joueurs et entraîneurs, selon disponibilité. Sauf que je retrouve mon pote Pablo Lemoine, ancien pilier du Stade Français. Abrazo. Et voilà ti pas qu'on lance la conf de presse en castellano, prononcez "castéjano" (c'est comme ça qu'on dit espagnol en Amérique du sud) au grand dam de la World Juice qui nous demande de la poursuivre en anglais.

Anglais mon cul : on poursuit la discussion, Pablo et moi, dans la langue qu'on veut. Puis dans les escaliers, et dehors sur le parking. Le chauffeur de bus, anglais, s'impatiente et se barre avec l'équipe d'Uruguay. Sans le coach. La consigne, c'est la consigne ! Pablo s'en fout, il va se faire ramener par un dirigeant uruguayen. Mais moi, impossible de remonter en salle de presse. "Vous n'avez pas la bonne accréditation. Vous êtes hors de votre zone." Je n'ai pas fait le tour du stade pour autant. L'aboyeuse WJR m'a fait comprendre que ça allait pour cette fois mais qu'il ne fallait pas que je m'abonne à discuter avec qui que ce soit d'une équipe en lice hors de la salle de presse. C'est beau, le rugby mondial.

vendredi 7 décembre 2012

Club sandwich

Un peu frisquet dehors, devant chez Al-Dar, mais chaud à l'intérieur. Avec un nouveau venu dans le Crazy Ruck, Olivier Sarfati, producteur devin (ici à droite, sur la photo, pour ceux qui reconnaissent son bonnet légendaire) Absent sur le cliché mais par sur les saillies, Antoine des 22 mètres, parti lancé au café, parce qu'il a un vrai boulot, lui...
On apprendra ainsi que Ritchie part au Népal sans que ce soit un supplice et qu'à son retour, ma foi, beaucoup d'eau aura coulé sous les pieds du Zouave.
Mais surtout que Fred et Le Tigre (à gauche sur la photo), avec Antoine l'absent, travaillent sur un livre-clubs Top 50. Benoit et Séb, dans le prolongement, en seront les premiers lecteurs assurément, du moment qu'on y parle du Staaaaade Toulouzin.
Au fait, c'était le combientième de Crazy Ruck ?
En revanche, je connais la date du prochain : le 17 janvier... Ailleurs. Mais toujours à midi...

vendredi 1 avril 2011

Bleu et blanc


Nous étions tous (presque, n'est-ce pas Benoit ?) en bleu et blanc, couleurs du CA Périgeux, et à l'heure (presque tous, n'est-pas Le Tigre ?), chevaliers de la table rectangulaire. Et nous avons fermé le restaurant. Z'ont même pas osés nous mettre dehors. Antoine, Matthieu, Séb, Frédéric et Juanito encadraient Jacky Adole, pacha du Al Dar. Des anecdotes sur le temps jadis, aussi savoureuses que les mets commandés par Le Tigre, en v.o., des dédicaces comme s'il en pleuvait, Frédéric qui est venu avec un semi-remorque de livres rares, des discours, des toasts (à ta santé, Gilles !), le vin coulait à flot, Antoine dans l'émotion, Séb déchainé comme jamais, bref, un grand, un très grand Crazy Ruck ! Et puis ensuite, un, puis deux, puis trois cafés en terrasse sur Saint-Michel, on regarde l'heure, oh putaing, 19h, déjà... Alors retour à Orléans pour une omelette aux lardons et un p'tit coup de vin de Carcassonne... Prochain invité ? Jean Trillo est partant !

lundi 28 mars 2011

La première séance


C'est un message plein de tendresse et d'affection pour tous ceux qui ont su et pu nous apporter leur soutien, samedi dernier, librairie "La Fontaine aux livres", à l'occasion de la sortie de notre dictionnaire, "le Désir de Lire", publié aux éditions Honoré Champion. Catherine, Rosa, Valérie, Anita, Pascale, Gaby, toutes plus rayonnantes les unes que les autres, mais aussi la joie de Jean, les belles histoires de Philippe, l'entrain de Claude, l'humour d'Olivier, les clichés de Didier, la gouaille de Séb... Je ne peux pas tous vous citer ici, vous étiez plus de cinquante...

vendredi 18 mars 2011

Adole chez Al Dar







Oyez, dévoreurs de tomes, glorieux membres du cénacle de lecteurs affamés, mes ami(e)s de la Comme Fou: est organisé un déjeuner "A La Lettre" chez Al Dar, jeudi 31 mars, 12h30 pétantes, avec comme invité d'honneur Jacky Adole. Il y sera question de l'Aude chaude, des sangs d'encre, des drôles de rebonds du rugby en ces temps pas assez gonflés, des lessives de Saint-Marc, du Périgord et de l'Atlantique. Le tenue officielle ? Blanc et Bleu, aux couleurs du C.A.P.
Pour ceux qui auraient manqués les épisodes épistolaires précédents, voici la bibliographie intégrale de notre invité : "Mon sac de rugby", Déjà..." et "Le guetteur de Dordogne", aux éditions Atlantica. L'occasion de les faire dédicacer.

samedi 5 mars 2011

La fontaine aux livres


Samedi 26 mars, entre 10 h et 20 h, Benoit et Ritchie vous invite à la librairie "La Fontaine aux Livres", à Palaiseau (91), entre ami(e)s choisi(e)s pour une séance de dédicace. L'occasion aussi de se retrouver autour d'un verre en feuilletant "Le dictionnaire du désir de lire". Pourquoi Nancy Huston n'y est pas ? Quel est le meilleur Paasilinna ? Ne pouvait-on pas trouver une place pour Richard Millet ? "Voyage au bout de la nuit" ou "Mort à crédit" ? Débattre, échanger, se passionner... La Comme Fou sera présente en force, à n'en pas douter...

jeudi 23 décembre 2010

Quinze de l'année


Allez, ça y est, c'est lancé... Enfin, diront certains, c'est pas trop tôt. Voici l'occasion de sélectionner vos "quinze de l'année", France et Monde. On ne se refuse rien. Laiussez-vous aller, c'est cadeau... Pour la sélection "France", il s'agit d'avoir joué au rugby dans le Top 14. De base. Et accessoirement en bleu, mais pas que... En ce qui concerne "Monde", élisez qui vous voulez du moment que ça brille, que ça relance, que ça tente... Des pistes ? Sonny Bill et Albacete sont éligibles dans les deux, par exemple. Des tendances ? Genia à la mêlée par ici, Wilkinson par là. Des noms ? Poitrenaud, Clerc, Masoe, Nallet, Domingo d'un côté, Gear, Ashley-Cooper, Read, Pocock, Matfield de l'autre. Votre quotidien de sports préféré devrait publier les équipes de la rubrique ovale le 31 décembre. Ce ne sera pas facile d'acheter un quotidien ce jour-là. Alors autant commencer à cogiter dans les posts de la Comme Fou... A vous de jouer, et Saint-Marc priez pour nous...

mercredi 27 octobre 2010

Sujets gracieux


La période est propice à l'échange. Entre les grèves de sable fin au coeur d'un paysage bucolique enchanteur, les choix de Saint Marc pour laver plus bleu à l'automne, l'ascension du Top 14 décriée par les nostalgiques et considérée comme l'ouverture de la caisse qui appartiendrait à une certaine Pandore, le cas Contador que j'adore, le silence assourdissant qui monte de ma gauche, l'arrivée du froid, les parutions récentes, la lecture du "Point Omega", des hommes, des dieux, toujours biotiful, et autres choses en cours, nous allons avoir de quoi bavarder, le onze... Réjouissons-nous...

vendredi 7 novembre 2008

Une chute sur Parme

Veilleuse sur page grise, babil passagers et ronflement aéronautique. Reins cassés, cul carré, épaules tombées et les coudes gênants. Je suis transporté comme une vilaine phrase de point en point. 20 h 50 jeudi entre Paris-Orly et Biarritz-Parme. 10 000 m d'altitude croisière. Sur le siège qui me sépare de l'inconnu sur ma droite, je dépose une enveloppe siglée L'Equipe remplie de feuillets à lire. Trois minutes de discussion plus tard - "Vous travaillez à L'Equipe ? Comment vous appelez-vous ?" - le 5F me précise qu'il connait une des infirmières qui assistaient la chirurgien chargé de l'opération qui devait me rendre la vie, il y a de cela vingt-deux ans... Deux secondes trop tard, il se rend compte qu'il a franchi la barrière d'intimité qui sépare normalement deux inconnus. Que dire qu'il ne sache déjà ? Notre conversation s'arrête là, lui gêné, moi inquiet, et je cherche une chute à mesure que l'avion descend sur Parme.